France : le parti au pouvoir se débat avec les listes électorales européennes [FR]
A seulement soixante jours des élections européennes, l’UMP, parti de centre-droit du président Nicolas Sarkozy, se laisse entraîner dans des discussions sans fin sur la composition de ses listes électorales. La parité, des problèmes de circonsription électorale et des exigences de partis alliés centristes compliquent les choix de l’UMP. Reportage d’EURACTIV France.
A seulement soixante jours des élections européennes, l’UMP, parti de centre-droit du président Nicolas Sarkozy, se laisse entraîner dans des discussions sans fin sur la composition de ses listes électorales. La parité, des problèmes de circonsription électorale et des exigences de partis alliés centristes compliquent les choix de l’UMP. Reportage d’EURACTIV France.
D’abord prévue à Marseille les 26 et 27 mars, elle a été reportée une première fois sine die, avant d’être fixée au 28 avril, puis d’être à nouveau reportée.
Une réunion stratégique avec les 72 candidats du parti avait même été prévue pour le 28 mars, avant d’être elle aussi reportée. En outre, une conférence de presse au siège de l’UMP visant à lancer la campagne, initialement prévue hier (9 avril), a dû être annulée, a déclaré un attaché de presse à EURACTIV.
Franck Riester, directeur de campagne de l’UMP, a déclaré sur un ton rassurant à EURACTIV France que « les listes seront présentées en temps utile ».
Le site Internet de l’UMP ne présente ni projet de programme, ni projet de liste électorale. Michel Barnier, ministre français de l’Agriculture, est le seul candidat à avoir lancé un site, ainsi qu’un blog, pour la liste qu’il mène dans la circonscription Ile-de-France.
« Une campagne coûte cher », estime un haut responsable de l’UMP, selon lequel une entrée active en campagne au mois de mai est amplement suffisante.
De nombreuses difficultés
Toutefois, Jean-Claude Gaudin, le vice-président du parti chargé de composer les listes, reconnaît des difficultés. « Dans chaque région, on n’arrive pas à caser dans les trois premiers un de chaque département. Il faut arriver à convaincre des personnalités de ne pas reculer ».
La quatrième place sur la liste de l’UMP pour l’Ile-de-France est emblématique. Elle est en effet briguée par une bonne dizaine de candidates potentielles, le siège étant réservé à une femme (EURACTIV.fr 19/03/09).
Le système électoral français oblige les partis à inclure autant de candidats masculins et féminins sur leurs listes, ce qui entraîne parfois des décisions délicates. De plus, les circonscriptions sont souvent à cheval sur plusieurs régions, compliquant d’autant les choses, surtout pour de grands partis tels que l’UMP.
« Comme nous pouvons avoir entre trois et quatre élus par circonscriptions, chaque région s’attend à avoir l’un des siens en tête », a expliqué l’eurodéputé (UMP) en titre Alain Lamassoure.
En outre, le parti reçoit des demandes de ses alliés politiques qui ne peuvent être ignorées. Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, du parti du Nouveau centre, et Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie du pays et leader du Parti radical, également centriste, ont tous deux demandé à placer trois candidats à des positions éligibles.
Une situation en décalage avec le Parti socialiste qui, après un mois de déchirements internes, a présenté ses listes à la mi-mars (EURACTIV 01/04/2009).
Depuis le vote négatif de 2005 sur le traité constitutionnel européen abandonné depuis, le PS est resté divisé sur les questions européennes autant que sur les problèmes nationaux. « Chez nous, c’est infiniment plus facile: nous sommes tous pro-européens et sarkozystes», a ironisé Alain Lamassoure.
Le cas Lamassoure
Malgré le soutien de l’eurodéputée luxembourgeoise Astrid Lulling, qui a récemment écrit à Nicolas Sarkozy pour s’inquiéter de sa mise à l’écart des listes électorales, Alain Lamassoure est loin d’être assuré de la troisième place dans le Sud-Ouest.
« J’ai vu Xavier Bertrand début mars, et depuis je n’ai plus aucune nouvelle», a-t-il déclaré. «J’ai été remplacé comme responsable des affaires européennes à l’UMP et on m’a demandé de cesser de faire campagne en attendant de connaître la composition des listes», a-t-il afformé. En 2004, il avait été l’un des deux élus UMP de la région aux européennes.
Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, Luc Guyau, avait aussi été pressenti pour occuper la troisième place de la liste de l’Ouest, co-pilotée par Christophe Béchu et la sortante Elisabeth Morin.
Mais depuis que Le Figaro a annoncé qu’il «jetait l’éponge», M. Guyau se bat pour indiquer qu’il «reste disponible» pour figurer sur les listes de sa région. Même si, confie-t-il à EURACTIV.fr, il admet avoir «peu de chance» d’être candidat en place éligible (EURACTIV.fr 08/04/09).
Lors d’une conférence de presse, mercredi 8 avril, M. Barnier, qui coordonne la campagne UMP, a fait connaitre ses priorités. Nous ne parlerons pas des institutions, mais plutôt de la crise, nous montrerons que l’Europe est la solution, non pas le problème, a-t-il déclaré. Il a aussi promis de reconnecter les citoyens avec l’Europe. Mais les listes doivent encore être publiées.