Forza Italia monte au créneau suite aux propos du leader du PPE concernant Silvio Berlusconi

Le président du PPE Manfred Weber a pris ses distances avec Silvio Berlusconi suite aux déclarations de ce dernier à l’encontre de Volodymyr Zelensky. Le parti Forza Italia a défendu l’ancien Premier ministre italien, allant jusqu’à remettre en question le leadership de M. Weber.

EURACTIV Italie
Berlusconi meets Weber in Rome
Les propos de Silvio Berlusconi à l’encontre de Volodymyr Zelensky ont semé le trouble au sein du groupe politique de centre droit du Parlement européen. À la suite de critiques formulées par plusieurs députés européens, M. Weber a finalement décidé de prendre officiellement ses distances avec M. Berlusconi. [EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Le chef de file du Parti populaire européen (PPE) Manfred Weber a pris ses distances avec Silvio Berlusconi suite aux déclarations de ce dernier à l’encontre du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le parti de centre droit Forza Italia a fermement défendu l’ancien Premier ministre italien, allant jusqu’à remettre en question le leadership de M. Weber.

Les propos de M. Berlusconi à l’encontre de M. Zelensky ont semé le trouble au sein du groupe politique de centre droit du Parlement européen. À la suite de critiques formulées par plusieurs députés européens, M. Weber a finalement décidé de prendre officiellement ses distances avec M. Berlusconi en déclarant que « le soutien à l’Ukraine n’est pas facultatif ».

M. Weber a également décidé d’annuler un rassemblement du PPE prévu à Naples en juin, après que certains membres du PPE menaçaient de ne pas y assister si M. Berlusconi était présent.

Dans le but de limiter le problème à M. Berlusconi et non au parti dans son ensemble, le responsable politique allemand a déclaré sur Twitter que « Antonio Tajani [vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères] et Forza Italia bénéficient de notre soutien » et que le PPE poursuit sa « coopération avec le gouvernement italien sur les dossiers européens ».

De son côté, M. Tajani, qui est également le coordinateur national de Forza Italia, a vivement réagi à ces annonces et a pris la défense de M. Berlusconi.

« [Silvio] Berlusconi est Forza Italia. Forza Italia est Berlusconi », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

« Je ne partage pas la décision de reporter la réunion de Naples. Notamment parce que [Silvio] Berlusconi et Forza Italia ont toujours voté dans le même sens que le PPE sur l’Ukraine », a-t-il ajouté.

M. Tajani était à Rome aux côtés de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (PPE), pour l’inauguration d’un nouvel espace multimédia dédié à l’ancien président du Parlement européen David Sassoli. Tous deux ont souligné l’engagement du PPE et des institutions européennes à soutenir l’Ukraine.

« L’Europe veut être porteuse de paix, de l’État de droit. Nous défendons la liberté et le droit international, et pour cela, nous défendons l’Ukraine, c’est un pays candidat [à l’adhésion à l’UE], et nous voulons que la paix y règne aussi », a expliqué M. Tajani.

Le ministre a précisé que l’aide à l’Ukraine est nécessaire pour parvenir à une négociation : « Nous devons tous nous engager pour qu’un accord puisse être trouvé ».

Par ailleurs, les chefs de groupe de Forza Italia à la Chambre des députés et au Sénat, Alessandro Cattaneo et Licia Ronzulli, ont vu en ces remarques une « tentative maladroite de nous diviser ».

« Nous espérons, avant tout en tant qu’Italiens, une clarification du malentendu et un repentir de Manfred Weber, à qui nous demandons de ne plus intervenir », ont-ils déclaré.

« Il fait du tort non seulement à un parti mais aussi à l’Italie par sa volonté de s’immiscer dans la vie interne d’un parti, en imposant ou en excluant ses dirigeants. C’est inacceptable », ont-ils poursuivi.

Mme Ronzulli , sénatrice et ancienne députée européenne, a même remis en cause le leadership de M. Weber.

« M. Weber est inapte à diriger le PPE », a-t-elle déclaré sur Twitter.

Avant les élections italiennes, le chef du PPE avait soutenu un gouvernement de coalition entre le parti Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) de Giorgia Meloni, Forza Italia de M. Berlusconi et le parti d’extrême droite Lega de Matteo Salvini.

Il a notamment appelé les Italiens à voter pour Forza Italia afin de « garantir » le positionnement pro-UE d’une telle coalition.

M. Weber a également récemment tenté de rapprocher le parti de Mme Meloni d’une collaboration avec le PPE, mais s’est heurté à une forte opposition au sein du groupe politique du Parlement européen.

« Une majorité claire s’oppose à une telle collaboration », a récemment confié à EURACTIV un haut dirigeant du PPE.

L’idée semble également avoir suscité la colère des partis de centre droit jusqu’à Berlin, ces derniers ayant affirmé que cette option n’est guère envisageable.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]