Fortes tensions au nord du Kosovo
Des incidents ont éclaté à un poste frontière entre le Kosovo et la Serbie, faisant seize blessés dans les rangs de la minorité serbe kosovare et quatre dans ceux de la force de maintien de paix de l’Otan.
Des incidents ont éclaté à un poste frontière entre le Kosovo et la Serbie, faisant seize blessés dans les rangs de la minorité serbe kosovare et quatre dans ceux de la force de maintien de paix de l’Otan.
Après les tensions de l’été, le nord du Kosovo est de nouveau sous pression. Dans la journée du 27 septembre, d’après des témoignages, des soldats de la Force de l’Otan stationnés au Kosovo (KFOR) ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser une foule. Seize personnes ont été blessées.
Elles manifestaient contre la suppression d’une barrière tenue par des Serbes sur une route secondaire à environ 150 mètres du poste frontalier de Jarinje.
Situation très dangereuse
Un porte-parole de la KFOR, Kai Gudenoge, a indiqué que, dans le même temps, quatre membres de cette force avaient été blessés à la suite du jet d’engins explosifs sur leur position située près de Jarinje, à une centaine de kilomètre au nord de Pristina, la capitale kosovare.
A Pristina, un porte-parole de l’Otan a souligné que la KFOR avait fait usage de projectiles en caoutchouc au titre de la légitime défense.
La Serbie, qui conteste l’indépendance de son ancienne province méridionale, a averti à plusieurs reprises que la prise de postes frontaliers par les autorités kosovares risquait de déboucher sur de nouveaux affrontements. Belgrade appelle néanmoins au calme et à de nouveaux pourparlers.
Discussions annulées
Des négociateurs serbes et kosovars devaient se rencontrer dans la journée à Bruxelles, sous les auspices de l’Union européenne, mais cette réunion a été annulée.
« Les discussions ne reprendront pas tant que nous ne saurons pas ce qui va se passer aux deux postes frontaliers. Il faut résoudre ce problème par le biais de discussions avec la communauté internationale », a dit Borislav Stefanovic, le négociateur serbe.
Les rencontres de Bruxelles visent à améliorer la situation au quotidien dans la région, comme les questions liées aux mouvements de personnes et de biens, au droit de propriété et aux documents d’identité.
A Belgrade, le président serbe Boris Tadic a lancé un appel au calme aux Serbes du Kosovo et a demandé à la KFOR de faire preuve de retenue. « Les soldats de la paix sont là-bas pour défendre les citoyens désarmés, pas pour les affronter (…) La violence ne peut pas résoudre les problèmes et mettre en danger des vies humaines et ne peut contribuer à la défense de nos intérêts », a-t-il dit.
A Pristina, le vice-Premier ministre kosovar Hajredin Kuci a affirmé que le gouvernement poursuivrait ses efforts pour assurer la libre circulation sur les routes du Nord. « Nous tiendrons tête aux structures criminelles et (…) nous continuerons à protéger les citoyens », a-t-il assuré.