Fonds européen à la mondialisation : plus qu'un signe de solidarité? [FR]

La Commission a présenté les modalités de son nouveau fonds d'ajustement à la mondialisation. Ce fonds apportera un soutien aux travailleurs qui ont été licenciés en raison des répercussions de la mondialisation sur leur entreprise. Des experts en économie remettent en cause la logique et la taille de ce nouveau fonds.

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La Commission a présenté les modalités de son nouveau fonds d’ajustement à la mondialisation. Ce fonds apportera un soutien aux travailleurs qui ont été licenciés en raison des répercussions de la mondialisation sur leur entreprise. Des experts en économie remettent en cause la logique et la taille de ce nouveau fonds.

Le Fonds d’ajustement à la mondialisation disposera d’un budget annuel limité de 500 millions d’euros. Les Etats membres seront susceptibles de demander une aide financière pour la reconversion des travailleurs licenciés ou des incitations à la recherche d’emploi dans le cas d’une « importante évolution du système lié au commerce international » (ie. la mondialisation). La Commission a établi des critères très complexes pour définir sous quelles conditions l’aide peut être accordée.

Lors d’une conférence de presse conjointe, le président de la Commission, M. Barroso, et le commissaire aux affaires sociales, M. Spidla, ont souligné l’aspect solidaire de ce nouveau fonds. Selon le président de la Commission, « il ne s’agit pas d’un fonds visant à protéger les secteurs qui ne sont plus compétitifs, mais d’un fonds pour aider les travailleurs. Nous souhaitons montrer que l’UE se soucie des répercussions de la mondialisation sur les citoyens européens ». 

Certains experts en économie émettent de sérieux doutes sur ce fonds de mondialisation. Ils y voient un certain nombre de défis et de questions:

  • Quelle est la valeur ajoutée européenne, à part un geste symbolique de solidarité? Le fonds ne risque-t-il pas de compromettre la responsabilité des Etats membres à trouver leur propre réponse aux cas de restructuration économique?
  • N’y a-t-il pas un danger de voir le fonds devenir le prochain sujet des revendications des Etats membres pour un « juste retour » des choses, chacun d’entre eux voulant obtenir sa part des fonds limités?
  • Les critères complexes seront-ils respectés? 
  • Comment expliquer aux travailleurs licenciés que le fonds ne peut pas les aider si leur entreprise se délocalise dans un autre Etat membre (de la France vers l’Estonie par ex.) alors que leur voisin sans emploi est susceptible de recevoir une aide européenne car son entreprise s’est délocalisée hors de l’UE?