FMI : les banques européennes perdront environ 400 milliards d’euros d’ici 2010 [FR]

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses estimations concernant les pertes bancaires mondiales dans les six derniers mois , mais a prévu une augmentation des dépréciations d’actifs l’année prochaine. Les banques européennes devraient perdre quelques 400 milliards d’euros d’ici 2010 et les ministres des Finances européens devraient en discuter aujourd’hui (1er octobre).

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Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses estimations concernant les pertes bancaires mondiales dans les six derniers mois , mais a prévu une augmentation des dépréciations d’actifs l’année prochaine. Les banques européennes devraient perdre quelques 400 milliards d’euros d’ici 2010 et les ministres des Finances européens devraient en discuter aujourd’hui (1er octobre).

Les dépréciations actuelles et potentielles de mauvais actifs tels que les prêts et les titres ont chuté de quelques 600 milliards d’euros ces six derniers mois, passant d’environ 4 trillions à 3,4 trillions de dollars, alors qu’une diminution du stress financier a réduit les marges, selon le Rapport biannuel de stabilité financière mondiale, publié hier (30 septembre) par le FMI.

Cette étude encourageante, basée sur les estimations d’avril les plus pessimistes du FMI, a été saluée par les opérateurs financiers, bien que les nouvelles données fournies par le fonds ne soient pas seulement positives.

Le FMI calcule en effet que les pertes des banques européennes, conséquence des mauvais prêts et des actifs toxiques, augmenteront dans les prochains mois et pourraient atteindre la somme totale d’environ 420 milliards d’ici 2020.

Tests de stress des banques

Ces chiffres correspondent largement à l’analyse menée en septembre par le Comité européen des contrôleurs bancaires (CECB), le plus important organisme de surveillance de l’UE, qui a calculé une perte de 400 milliards d’euros pour les banques européennes d’ici 2010, selon les chiffres diffusés  par l’International Herald Tribune la semaine dernière.

Les résultats des tests de stress menés à l’échelle européenne, conduits par le CECB, seront présentés aux ministres des Finances de l’UE lors d’une rencontre informelle se tenant aujourd’hui et demain dans la ville suédoise de Göteborg.

Les ministres envisageront l’option de publier certains chiffres du rapport du CECB, qui concerne 22 banques européennes de premier plan, a confié à EURACTIV une source proche de l’UE. Mais ils ne publieront en aucun cas les noms des banques impliquées dans l’exercice, a ajouté ce fonctionnaire.

Evaluer le niveau d’exposition aux actifs toxiques et aux mauvais prêts est un élément essentiel de l’examen de la valeur des crédits bancaires, mais de nombreux Etats européens préfèrent ne pas publier ces données afin d’éviter des effets potentiellement négatifs sur la confiance des investisseurs. Ils ont aussi expliqué qu’il n’existait pas de méthodologie mondiale commune pour calculer les bilans des banques.

Dispute transatlantique

Cette question est au centre d’une dispute transatlantique. Washington a en effet choisi de nommer les banques américaines qui cherchent du capital supplémentaire en conséquence de leur mauvaise exposition aux risques lors de la crise. Le FMI a également décidé de publier des chiffres sur le secteur bancaire.

Dans son rapport sur la stabilité financière mondiale, le FMI a calculé que les banques européennes avaient besoin d’environ 300 milliards d’euros comme garantie contre toute défaillance, alors que le chiffre pour les banques américaines tourne autour de 90 milliards d’euros.

Les banques européennes sont dans tous les cas déjà prêtes à lever des capitaux supplémentaires, beaucoup d’entre elles grâce à l’aide des autorités nationales. Mais d’autres, notamment en France et en Italie, cherchent à trouver des fonds dans le secteur privé afin de rembourser des dettes antérieures ou pour se soustraire de manière explicite le soutien public.