Fitch abaisse la note de la France, Bruno Le Maire garde le cap sur les réformes
L'agence de notation Fitch aurait sous-évalué l'impact des réformes « de structure » mises en œuvre par le gouvernement lors de sa décision d’abaisser la note de la France de « AA » à « AA- », a souligné le ministre de l’Economie Bruno Le Maire samedi.
L’agence de notation Fitch, dans sa décision d’abaisser la note de la France de « AA » à « AA- », aurait sous-évalué l’impact des réformes « de structure » mises en œuvre par le gouvernement, a souligné le ministre de l’Economie Bruno Le Maire samedi (29 avril).
Vendredi (28 avril), Fitch – qui évalue la capacité d’un pays à rembourser sa dette souveraine, et les risques potentiels de défaillance – a annoncé qu’elle abaisserait la note de la France de « AA » à « AA- avec une perspective stable », faisant état d’un plan de réduction de dette trop timide et alertant sur le risque relatif aux mouvement sociaux.
« L’impasse politique [actuelle] et les mouvements sociaux (parfois violents) constituent un risque dans la mise en œuvre du programme de réformes d’Emmanuel Macron », a averti l’agence de notation.
Dans son évaluation, Fitch a également souligné que les « indicateurs budgétaires » de la France, et notamment les niveaux de déficit et de dette publique, étaient « plus faibles que ses pairs ». Quant aux plans du gouvernement visant à réduire les niveaux de déficit de 4,9 % du PIB à 2,7 % d’ici 2027, ils sont, selon Fitch, fondés sur des prévisions de croissance économique trop optimistes.
Fitch a enfin noté que « les pressions sur les dépenses publiques resteront élevées » sur le court et moyen terme, puisqu’un tiers de ses dépenses est « indexée sur l’inflation (y compris les retraites et autres prestations sociales) ».
En outre, le gouvernement estime que les taux d’intérêt sur la dette devraient être multipliés par trois en raison de l’inflation.
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« Appréciation pessimiste »
Samedi, M. Le Maire a « pris note » de la décision de Fitch, tout en contestant son « appréciation pessimiste ». Le ministre a remis en exergue le nouveau programme de réduction de la dette française et la promulgation de réformes structurelles en matière de chômage et de retraites. Il a également évoqué la baisse des impôts de production, qui devraient stimuler la production et la croissance.
Le « Pacte de stabilité » français, présenté il y a deux semaines, vise à « accélérer » la réduction de la dette, avec pour objectif une baisse de quatre points de pourcentage d’ici 2027, de 111,6 % du PIB à 108,3 %.
240 milliards d’euros ont été dépensés depuis le début de la pandémie, soit environ 10 % du PIB français. Le bouclier fiscal, mis en œuvre suite à la guerre en Ukraine pour contrer les pires effets de l’inflation, a aussi pesé sur les finances publiques : 24 milliards d’euros cette dernière année.
L’opposition a vivement critiqué le plan du gouvernement qui, selon elle, marque le début d’une nouvelle vague d’austérité.
« Qu’un ministre de l’économie en vienne à les supplier de relever la note de la France et explique qu’il a bien fait souffrir le peuple pour ça est scandaleux », a tweeté la députée La France insoumise Aurélie Trouvé.
Quant aux députés Les Républicains, dont une partie s’était opposée à la réforme des retraites en mars, ils se sont également plaints que la France vivait au-dessus de ses moyens, et qu’il était donc impératif de procéder à d’importantes baisses des dépenses.
La nouvelle note « AA- » de la France est similaire à celle de la Belgique, du Royaume-Uni, de la République tchèque et de l’Estonie.