Financement incertain de la capture de CO2, malgré l'«avenir fossile» [FR]

En raison du projet de construction de centaines de nouvelles centrales électriques au charbon au sein et à l’extérieur de l’Europe dans les prochaines décennies, une forte pression s’exerce sur l’UE afin de commercialiser et d’exporter les technologies de capture et de stockage de carbone (CSC) visant à empêcher une hausse massive des émissions mondiales de CO2. Cependant, la question difficile relative au financement reste non résolue.

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En raison du projet de construction de centaines de nouvelles centrales électriques au charbon au sein et à l’extérieur de l’Europe dans les prochaines décennies, une forte pression s’exerce sur l’UE afin de commercialiser et d’exporter les technologies de capture et de stockage de carbone (CSC) visant à empêcher une hausse massive des émissions mondiales de CO2. Cependant, la question difficile relative au financement reste non résolue.

Les responsables politiques de l’UE et les principales parties prenantes se sont rencontrés plusieurs fois cette semaine (du 26 au 30 mai) afin de discuter de la technologie CSC, notamment lors d’une réunion le 27 mai organisée par le service concurrence de la Commission, unetable ronde  organisée par Friends of Europe le 27 mai et un séminaire organisé par l’eurodéputé britannique libéral Chris Davies, le 28 mai.

M. Davies, qui veut que toutes les centrales électriques aux combustibles fossiles soient mises aux normes de la technologie de la capture et du stockage de CO2 d’ici 2015, demande un moratoire sur la construction de nouvelles centrales après 2015, à moins que les installations ne soient capables d’empêcher l’entrée de 90% de leurs émissions de CO2 dans l’atmosphère (EURACTIV 07/05/08). L’eurodéputé a organisé un séminaire supplémentaire au Parlement consacré au financement de la CSC le 3 juin prochain.

Cependant, cet apparent afflux d’intérêts pour la CSC cette semaine n’a pas été marqué par une avancée sur la question clé du financement. Les débats ont plutôt révélé un ensemble de points de vue divergents (voir les positions).

Justifier la technologie CSC

 Malgré les préoccupations croissantes relatives aux répercussions que les émissions de CO2 pourraient avoir sur le climat, la plupart des pays industrialisés et des pays à la croissance rapide construisent et programment d’investir considérablement dans les centrales électriques à charbon, qui sont largement considérées comme les producteurs d’électricité les plus pollueurs.

L’Allemagne prévoit la construction de 20 nouvelles centrales dans les prochaines décennies. Et seule la Chine devrait installer une capacité électrique de 800 gigawatts dans ses nouvelles centrales au cours des huit prochaine années, et dépendra du charbon pour 90% de cet effort, d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui indique que 800 gigawatts est équivalent à toute la capacité électrique installée dans l’UE depuis 1945.

Dans ce contexte, de plus en plus soutiennent en cœur la technologie de la CSC comme étant la seule possibilité pouvant empêcher les répercussions désastreuses du changement climatique qui fait suite à ce qui est appelé une « envolée mondiale vers le charbon ».

L’Europe montre la voie?

De nombreuses personnes affirment que l’Europe devrait être à la tête du développement et de la commercialisation de la CSC, de façon à ce que la technologie soit alors exportée vers des Etats en développement comme la Chine et l’Inde.

Cependant, les Etats membres ont peu avancé concernant la réalisation de leur engagement pris en mars 2007 consistant à construire de 10 à 12 projets de démonstration pour la technologie de CSC d’ici 2015. Il s’avère que c’est la Norvège, non membre de l’UE, qui a fait le plus de progrès. Elle a déjà une centrale de CSC qui fonctionne et deux supplémentaires en construction.

La ministre norvégienne du pétrole et de l’énergie Åslaug Haga et le commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs ont décidé le 29 mai que « les trois projets CSC de la Norvège pourraient être définis dans le cadre des douze projets que l’UE souhaite développer pour prouver la viabilité de cette technologie ». Cette annonce a été intégrée dans le dialogue sur l’énergie entre l’UE et la Norvège, qui possède de riches réserves de combustibles fossiles et qui est le deuxième fournisseur de pétrole et de gaz de l’UE.

L’énigme financière

Alors que le budget de l’UE est « bouclé » jusqu’à 2013, plusieurs idées ont été avancées concernant la façon de financer la CSC et les personnes à désigner pour la, notamment :

  • la quantité de CO2 qui est séquestrée ou capturé par la CSC qui doit être comptée double au sein du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) ;
  • le financement public, peut-être en sélectionnant un groupe d’Etats membres qui dépend du charbon pour une grande partie de leur mélange énergétique ;
  • un fond spécial constitué des recettes de la vente aux enchères des permis de CO2 dans le cadre du système ETS et/ou des fonds soustraits de la politique agricole commune (PAC), et ;
  • laisser les industries payer la note selon l’argument que l’investissement présente une opportunité commerciale future.