Financement de l’Ukraine : Ursula von der Leyen présente les options d’un plan de 90 milliards d’euros

Mercredi 3 décembre, la présidente de la Commission européenne a présenté de nouvelles options pour aider l’Ukraine à couvrir ses besoins urgents tout en finançant sa défense contre l’agression russe en cours depuis 2022.

EURACTIV.com
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Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. [UE 2025]

Les mesures proposées incluent un emprunt direct de l’UE garanti par le prochain cadre budgétaire pluriannuel, ainsi qu’un « prêt de réparation » controversé — reposant sur les actifs gelés de la Banque centrale de Russie, détenus majoritairement en Belgique.

Si le prêt de réparation avait d’abord été le cheval de bataille de l’exécutif, Bruxelles indique désormais qu’elle examine les deux solutions sur un pied d’égalité, a confié un responsable de l’UE à Euractiv.

L’une ou l’autre de ces options permettrait de dégager 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, versés par tranches annuelles de 45 milliards d’euros, couvrant les deux tiers des besoins financiers de l’Ukraine pour 2026 et 2027 avant que les comptes publics ukrainiens ne soient épuisés au début de la nouvelle année.

Le reste des besoins financiers du pays devrait être couvert par d’autres « partenaires internationaux », a expliqué Ursula von der Leyen lors d’une conférence de presse mercredi.

La proposition législative visant à utiliser les avoirs russes gelés pour accorder un prêt à l’Ukraine fait suite aux vives inquiétudes exprimées par le Premier ministre belge Bart De Wever lors du sommet des dirigeants de l’UE à Bruxelles en novembre, qui avait averti que ce projet pourrait exposer son pays à des conséquences juridiques ou financières si la Russie portait l’affaire devant les tribunaux. La majorité des avoirs russes gelés sont détenus par la chambre de compensation financière Euroclear, basée en Belgique.

La semaine dernière, Bart De Wever a envoyé une lettre à Ursula von der Leyen dans laquelle il qualifie le programme de prêt de la Commission de « fondamentalement erroné ».

Le prêt tel qu’envisagé par le Berlaymont est fortement soutenu par l’Allemagne, la France et les États baltes.

Le 18 décembre, les dirigeants de l’UE se réuniront à nouveau à Bruxelles et évoqueront la question.