Fête du Travail et manifestation contre la réforme des retraites : un 1er mai historique pour les syndicats

La fête du Travail a été marquée par une forte mobilisation dans toute la France pour protester contre la réforme des retraites, ainsi que par de violentes confrontations avec les forces de l’ordre.

Euractiv France
French unions rally on International Workers’ Day
« On ne peut pas se faire voler deux ans de vie, on ne peut pas passer à autre chose. Nous récupérerons la retraite à 60 ans. Ne cédez pas, la lutte continue jusqu'au retrait », s’est exclamé Jean-Luc Mélenchon au milieu de la foule, alors que la réforme a été promulguée le 15 avril dernier au Journal officiel. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA-EFE]

La fête du Travail a été marquée par une forte mobilisation dans toute la France pour protester contre la réforme des retraites, ainsi que par de violentes confrontations avec les forces de l’ordre.

Cette année, le traditionnel rassemblement du 1er mai avait une saveur toute particulière. La fête du Travail a été l’occasion d’une 13e journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Plus de 300 rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.

Selon un communiqué de la CGT, qui revendique 2,3 millions de manifestants, la mobilisation a « atteint un niveau record pour un premier mai ». 

Il faut remonter à 2009, lors de la crise financière, et à 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen est parvenu au second tour des élections présidentielles, pour voir une telle affluence et une mobilisation unitaire de l’intersyndicale.

De son côté, le ministère de l’Intérieur comptabilise 782 000 manifestants en France, contre 116 500 en 2022.

Comme tous les ans, les leaders de gauche ont pris la parole. « On ne peut pas se faire voler deux ans de vie, on ne peut pas passer à autre chose. Nous récupérerons la retraite à 60 ans. Ne cédez pas, la lutte continue jusqu’au retrait », s’est exclamé Jean-Luc Mélenchon au milieu de la foule, alors que la réforme a été promulguée le 15 avril dernier au Journal officiel.

291 interpellations en France, dont 90 à Paris

La journée a également été ponctuée par de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

Dans l’après-midi, près de la Place de la Nation, un policier a pris feu suite à un jet de cocktail Molotov. Dans le même secteur, un immeuble a été incendié.

En début de soirée, le ministre de l’Intérieur a annoncé que 291 personnes avaient été interpellées ce 1er mai, dont 90 à Paris.

Le ministre Gérald Darmanin a rapidement condamné ces agissements, fustigeant les « casseurs extrêmement violents venus avec un objectif : tuer du flic et s’en prendre aux biens des autres ».

« Cette violence doit être condamnée sans réserve », a-t-il ajouté.

Élisabeth Borne a jugé à son tour « inacceptables » les « scènes de violences ».

Coloration européenne

Le cortège avait enfin une coloration internationale et européenne avec la présence d’Esther Lynch (secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats) et Luc Triangle (secrétaire général de la Confédération syndicale internationale).

« Merci à Esther Lynch […] d’avoir contribué aux côtés d’une large délégation d’Allemands, d’Ukrainiens, d’Espagnols, de Belges, de Luxembourgeois et d’Italiens à la réussite de ce 1er mai exceptionnel ! » a twitté Sophie Binet, nouvelle patronne de la CGT.

En tout, une dizaine de syndicats étrangers composaient le cortège parisien.

Le journal Libération rapporte également la présence de Vasyl Andreyev, vice-président du FPU (la Fédération des syndicats d’Ukraine), la plus grande confédération syndicale du pays.

« Chez nous, l’âge légal de départ est actuellement de 62 ans. Donc on espère que vous n’allez pas perdre car cela risque d’avoir des conséquences dans tous les pays européens qui prendront exemple sur vous », explique-t-il à nos confrères.

La suite des opérations ? L’intersyndicale devrait décider ce mardi (2 mai) si elle acceptera ou non l’invitation du gouvernement, lancée par Élisabeth Borne pour tenter de renouer le dialogue. Si les syndicats dits « réformistes » comme la CFDT semblent disposer à s’y rendre, la CGT reste plus circonspecte.

Quoi qu’il en soit, comme l’avait martelé il y a quelques jours Sophie Binet, il n’y aura « pas de retour à la normale » sans un retrait de la réforme.

Prochaine échéance importante : le 8 juin, avec l’examen de proposition de loi d’abrogation du texte sur les retraites déposée par le groupe LIOT à l’Assemblée nationale (députés centristes).