Federica Mogherini démissionne de son poste de rectrice du Collège d’Europe

Federica Mogherini, soupçonnée de fraude, a annoncé jeudi 4 décembre sa démission du poste de rectrice du Collège d’Europe.

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Federica Mogherini, ancienne Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et rectrice du Collègue d'Europe. [Getty Images/Sebastian Christoph Gollnow_Picture alliance]

Federica Mogherini, ancienne Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, a démissionné de son poste de rectrice du Collège d’Europe, après avoir été mise en cause dans une enquête pour fraude portant sur des allégations de favoritisme dans le cadre d’une formation diplomatique financée par l’UE.

Dans une déclaration publiée à l’issue d’une réunion du comité exécutif du Collège jeudi, elle déclare : « Conformément à la rigueur et à l’équité avec lesquelles j’ai toujours exercé mes fonctions, j’ai décidé aujourd’hui de démissionner de mon poste de rectrice ».

Elle a également démissionné de son poste de directrice de l’Académie diplomatique de l’Union européenne — qui est au centre de l’enquête.

La veille, Stefano Sannino, haut fonctionnaire de l’UE également suspecté dans l’enquête, a annoncé qu’il prendrait sa retraite à la fin du mois de décembre. Il était à la tête de la DG de la Commission pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Golfe (MENA).

L’enquête, menée par le Parquet européen (EPPO), porte sur un contrat d’un an attribué au Collège d’Europe dans le cadre d’un appel d’offres visant à lancer une nouvelle académie pour former les jeunes diplomates nationaux et fonctionnaires de l’UE pour représenter l’Europe à l’étranger.

Plus précisément, les procureurs soupçonnent que, en 2021-2022, le Collège et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) — le bras diplomatique de l’UE — se seraient potentiellement entendus pour orienter de manière abusive des fonds européens vers le projet. Le Collège aurait notamment pu être informé à l’avance de l’appel d’offres, qui était officiellement ouvert aux universités et autres établissements d’enseignement de toute l’Europe.

Federica Mogherini et Stefano Sannino, qui ont été arrêtés, interrogés puis relâchés mardi 2 décembre, restent présumés innocents pendant l’enquête.

« J’ai pleinement confiance dans le système judiciaire et je suis convaincue que la régularité de l’action du Collège sera confirmée », a indiqué Federica Mogherini dans un communiqué après avoir été libérée, ajoutant qu’elle offrirait « sa pleine collaboration aux autorités ».

Rectrice du Collège d’Europe depuis 2020, elle supervisait ses campus à Bruges, Varsovie et Tirana. Elle avait également pris les fonctions de directrice de l’Académie diplomatique en 2022, un poste que les gouvernements de l’UE ont rendu permanent en 2024 en le finançant à hauteur de 1,7 million d’euros par an.

Contacté par Euractiv, le président du Collège d’Europe, Herman Van Rompuy, a refusé de commenter et a souligné qu’il n’avait pas accordé d’interview depuis six ans.

Magnus Lund Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.

(asg)