« Faire que l’Europe ne meure pas » : Renaissance dévoile son programme pour les élections de juin
La tête de liste de la majorité présidentielle, Valérie Hayer, a dévoilé lundi son programme électoral à l’aune du scrutin de juin 2024 – sorte de répétition générale avant son entrée en scène pour son deuxième grand raout politique à la Mutualité mardi.
La tête de liste de la majorité présidentielle, Valérie Hayer, a dévoilé lundi (6 mai) son programme électoral à l’aune du scrutin de juin 2024 — sorte de répétition générale avant son entrée en scène pour son deuxième grand raout politique à la Mutualité mardi.
48 propositions pour « faire que l’Europe ne meure pas » : à tout juste cinq semaines des élections européennes, alors que la majorité présidentielle est à la peine dans les sondages, Valérie Hayer a présenté en conférence de presse un « programme ambitieux » avec au cœur la souveraineté économique et diplomatique du continent face aux crises géopolitiques.
« L’Europe doit s’affirmer et sortir des dépendances vis-à-vis des puissances étrangères », qu’elles soient d’ordre énergétique avec le gaz russe ou militaire avec les États-Unis, a martelé la tête de liste de Besoin d’Europe, qui réunit tous les partenaires de la majorité présidentielle.
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N’est pas indépendant qui veut
La liste s’engage à créer une Force de réaction rapide européenne, soutient la proposition du commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton de créer un fonds de 100 milliards d’euros dédiés à l’industrie de défense européenne, et encourage la Banque européenne d’investissement (BEI), bras financier de la Commission européenne, à investir dans les armes.
Être indépendant se mérite : ainsi l’heure est avant tout à la sortie rapide et complète des hydrocarbures en provenance de Russie — alors que les importations russes vers la France continuent, comme le révélait Le Monde en février. Le triplement de la production d’électricité nucléaire en Europe, l’investissement européen dans les petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération et le développement des renouvelables sont autant d’outils pour que l’Europe reprenne « son destin en main », estime Mme Hayer.
Un « Plan Europe 2030 » de 1 000 milliards d’euros sera mis en œuvre pour soutenir de telles ambitions « pour l’écologie, l’énergie, le numérique, la santé et la recherche », précise le programme.
L’eurodéputée Valérie Hayer et son groupe au Parlement européen, Renew Europe, sauront-ils tordre le bras à l’Allemagne et autres « frugaux », toujours réticents à plus de dépenses ?
« Le monde a changé » explique la candidate, qui estime que le « tabou » d’un emprunt commun est levé depuis l’adoption d’un plan de relance de 750 milliards d’euros, financé par de la dette commune européenne, au plus fort de la pandémie de Covid en 2020.
« Il y a urgence [à] investir dans la réindustrialisation de l’Europe, dans la production de médicaments [et] dans les technologies stratégiques […]. Je suis confiante sur notre capacité, là encore, à faire bouger les lignes », affirme-t-elle, en précisant que plusieurs outils sont à la disposition des responsables européens outre la dette : l’épargne des citoyens, l’investissement privé et l’augmentation des ressources propres.
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Bouclier économique, bouclier démocratique
Qui dit souveraineté dit une Europe qui s’affirme comme puissance économique et commerciale. Le parti d’Emmanuel Macron souhaite donc « imposer un bouclier commercial européen pour protéger les entreprises » et s’assurer, par l’adoption de « clauses miroirs » dans les accords de libre-échange, de « garantir le respect des normes environnementales et sociales ».
Un argument qui va dans le sens des demandes des entreprises pour plus de simplification administrative, et tente de répondre en même temps à la colère exprimée par les agriculteurs ces derniers mois face à la « concurrence déloyale » avec les pays tiers.
Enfin, pas d’Europe sans plus de démocratie : la fin du vote à l’unanimité pour les États membres au sein du Conseil européen sur les questions internationales et fiscales reste un sujet, même s’il ne s’agit plus de la priorité mentionnée par Emmanuel Macron dans son discours de la Sorbonne de 2017 ainsi que dans le programme de Renaissance pour les Européennes de 2019.
« L’ambition reste la même, mais ce n’est pas forcément un sujet qui intéresse les électeurs », souligne un haut gradé chez Renaissance.
Idem pour la création d’un « bouclier démocratique contre les ingérences étrangères », ou un « Plan Simone Veil » pour protéger le droit à l’avortement et mieux protéger les droits des femmes partout en Europe, des propositions qui figuraient déjà dans les priorités du programme de 2019…
« Ce n’est pas parce qu’on n’a pas réussi en 2019 qu’on doit abandonner », précise un membre de l’équipe de campagne, qui reconnaît que la composition du Parlement européen après les élections, voué à virer vers la droite, « n’est pas propice aux avancées sociales ».
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« Puzzle qui s’assemble »
Le programme, sans surprises manifestes et parfaitement aligné avec les propositions égrenées par le président de la République dans son discours « Sorbonne II » le 25 avril dernier, fait suite à la présentation vendredi dernier (3 mai) des 30 premiers candidats de la liste — qui fait honneur aux eurodéputés sortants qui ont su se distinguer lors de la dernière mandature.
Il devrait aussi rythmer les prises de parole lors du deuxième meeting politique de Besoin d’Europe à la Mutualité à Paris mardi (7 mai).
3 800 personnes se seraient inscrites, selon Renaissance, pour une capacité maximale de 2 000 places. « Il y aura du débord » affirme un conseiller, qui veut voir là un engouement populaire qui trompe « la petite musique que notre électorat serait démobilisé ».
« Ça sera un moment fort de la campagne », précise le directeur de campagne de Mme Hayer, Pieyre-Alexandre Anglade. Un moment auquel presque tous les ministres devraient assister, et notamment le premier d’entre eux, qui prendra la parole.
Liste de candidats, programme, débat face à Jordan Bardella la semaine dernière, meeting national : Renaissance entre bel et bien en campagne.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]