Face au retour de Donald Trump, les promoteurs européens de l’éolien gardent leur sang-froid
Parmi l’une des premières mesures de son mandat, le président américain Donald Trump a mis en pause les nouveaux permis pour les projets d’éoliennes en mer. Bien que largement exposés et confrontés à l’incertitude, les acteurs de l’industrie européenne gardent leur sang-froid.
Parmi l’une des premières mesures de son mandat, le président américain Donald Trump a mis en pause les nouveaux permis pour les projets d’éoliennes en mer. Bien que largement exposés et confrontés à l’incertitude, les acteurs de l’industrie européenne gardent leur sang-froid.
Donald Trump a une dent contre l’énergie éolienne. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, le nouveau président américain a signé une longue série de décrets et l’un d’entre eux prévoit de suspendre les contrats pour les projets éoliens offshore. Ces derniers seront examinés par le ministre de l’Intérieur afin d’évaluer « la nécessité de les résilier ou de les modifier ».
Une annonce qui n’a pas manqué de faire chuter les actions d’un certain nombre d’entreprises européennes, qui développent ou fournissent des turbines pour des parcs éoliens en mer situés aux États-Unis.
« C’est un mauvais jour pour l’éolien onshore et offshore », résume pour Euractiv Christoph Zipf, le porte-parole de Wind Europe, une association qui regroupe les professionnels européens du secteur de l’énergie éolienne.
L’éolien en mer traverse depuis quelques années une période difficile, confronté à l’augmentation de ses coûts d’exploitation et à la réduction de ses marges, mais aussi à une féroce concurrence chinoise.
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Sang-froid européen
Malgré les déclarations peu encourageantes du président américain, les professionnels européens de l’énergie éolienne préfèrent pour l’heure adopter une approche « prudente » et s’abstenir de commenter publiquement les sorties de Donald Trump.
Ceux qui ont été contactés par Euractiv ont fait preuve d’un optimisme prudent, soulignant la nature à long terme des projets éoliens en mer et notant que l’annonce était largement attendue.
« Nous avons un bail de 40 ans, jusqu’en 2060 », souligne sobrement Vera Bücker, responsable des relations avec les médias chez le fournisseur d’énergie allemand RWE, qui a pour projet de construire un parc éolien au large des côtes de New York.
La décision de Donald Trump « n’a pas été une surprise », continue Vera Bücker, notant que l’entreprise avait déjà annoncé fin 2024 qu’elle retarderait son investissement dans l’éolien en mer aux États-Unis.
Kelly Penot, responsable des relations avec les partenaires chez Oceans Winds (OW), une société détenue par l’entreprise espagnole EDP Renewables et par le Français ENGIE, s’est quant à elle dite confiante dans le fait de parvenir à « trouver une voie à suivre, en coordination avec les autorités compétentes ».
De même, un important développeur français d’énergie éolienne a confié à Euractiv que le décret n’était pas le pire scénario auquel il s’était préparé et que l’entreprise avait déjà choisi de réduire ses projets aux États-Unis.
De plus, les États-Unis ont une importance relative dans ce marché.
D’ici 2030, selon un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Amérique du Nord ne devrait disposer que de 23 GW d’énergie éolienne en mer, contre 78 GW en Europe et 126 GW en Asie. Cet écart devrait encore se creuser d’ici 2050, date à laquelle l’Asie devrait disposer de 613 GW d’éoliennes en mer.
Un retour vers l’Europe
Avec le ralentissement américain, l’attention se porte à nouveau sur l’Europe.
L’incertitude qui règne aux États-Unis devrait certes réduire les investissements européens outre-Atlantique, mais selon Christoph Zipf, elle pourrait aussi être « l’occasion pour l’Europe d’être claire sur ce qu’elle veut ».
Le porte-parole de Wind Europe estime que les événements de cette semaine « pourraient même attirer les investisseurs » en Europe.
Les fabricants européens d’éoliennes appellent eux aussi à la prudence. Henrik Andersen, PDG du constructeur danois Vestas, déclarait cette semaine au Forum économique mondial de Davos qu’il était avant tout nécessaire de « laisser le bon sens l’emporter »
Selon ce dernier — dont l’entreprise a fourni un tiers des éoliennes installées aux États-Unis —, le recul de Donald Trump sur le climat a été exagéré.
« Le monde n’a jamais réalisé une transition de cette ampleur sans rencontrer quelques obstacles sur la route, et c’est ce que nous vivons [actuellement]. »
Pour Henrik Andersen, il sera impossible de faire machine arrière. En Europe, la transition énergétique est « en train de se produire ».
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[LG]