Explosion du chômage à la veille des élections [FR]
Alors que les Européens se préparent à aller aux urnes pour élire un nouveau Parlement européen, le chômage en Europe a atteint un niveau jamais connu depuis 10 ans. Les derniers chiffres d’Eurostat révèlent une augmentation de 9,2 % du taux de chômage dans la zone euro en avril, avec un total de 396 000 emplois perdus le mois dernier.
Alors que les Européens se préparent à aller aux urnes pour élire un nouveau Parlement européen, le chômage en Europe a atteint un niveau jamais connu depuis 10 ans. Les derniers chiffres d’Eurostat révèlent une augmentation de 9,2 % du taux de chômage dans la zone euro en avril, avec un total de 396 000 emplois perdus le mois dernier.
Le tableau est à peine plus rose pour l’ensemble des Vingt-sept, avec un taux de chômage à 8,6 %. Les hommes sont particulièrement affectés, selon ces chiffres, qui montrent qu’il y a 20,825 millions d’hommes enregistrés comme sans emploi contre 14,579 millions de femmes.
Il y a des différences considérables entre les taux de chômage à travers l’Europe, allant de 3 % aux Pays-Bas à 18,1 % en Espagne.
Les analystes s’attendent à une augmentation du chômage au fur et à mesure que la récession s’aggrave. Bien que les mesures données par les enquêtes indiquent dernièrement une reprise des intentions d’embauche, elles continuent à prédire de sévères chutes des taux d’emploi, présageant d’une longue période de vaches maigres pour le marché de l’emploi, selon Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics, qui se confiait au quotidien The Guardian.
La Commission européenne prévoit maintenant les plus hauts niveaux de chômage depuis le fin de la Seconde guerre mondiale, avec 8,5 millions d’Européens qui devraient perdre leur emploi d’ici 2010.
Dans une note d’information publiée en réponse aux derniers chiffres, Martin van Vliet, économiste à ING, a prévenu que le taux de chômage pourrait facilement atteindre 12 % à la fin de l’année prochaine ou au début de 2011.
Eurostat estime aussi que l’inflation dans les pays utilisant l’euro devrait stagner à 0 % en mai 2009, en baisse de 0,6 % en avril. Pour les consommateurs aux abois, il peut s’agir d’une bonne nouvelle, mais les experts sont mitigés quand à la probabilité d’une sérieuse déflation.
Les chiffres montrent que le risque de déflation dans l’eurozone n’est pas négligeable, selon Juergen Michels, économiste chez Citigroup. Cependant, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a minimisé les risques de déflation.
De manière peut-être surprenante, la confiance des consommateurs a augmenté au Royaume-Uni en mai, ce qui laisse penser que les mesures de stabilisation de l’économie ont pu porter leurs fruits.
Cependant, les mauvaises nouvelles ne cessent de pleuvoir, avec l’annonce par Air France de milliers de coupes sombres dans ses rangs et celle du fabricant automobile Bayerische Motoren Werke AG, basé à Munich, pour qui il est prématuré de dire quand la demande fera son retour dans le secteur automobile.
Le vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos, a affirmé la semaine dernière que les informations disponibles indiquent une reprise graduelle dans le courant de 2010.