EXCLUSIF : Le commissaire à l’Économie exhorte le G7 à accélérer le versement d’un prêt de 50 milliards de dollars à l’Ukraine
La Commission européenne appelle les pays du G7 à accélérer le versement de son prêt de 50 milliards de dollars pour l’Ukraine. Dans le même temps, l’UE reste paralysée par le blocage de la Belgique sur un autre prêt, financé par les actifs russes immobilisés.
Dans un entretien accordé à Euractiv, le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a exhorté les alliés du G7 à accélérer le décaissement du prêt de 50 milliards de dollars destiné à soutenir l’Ukraine, estimant que Kiev pourrait sinon se retrouver en grande difficulté financière dès le premier trimestre 2025.
« Nous sommes en pourparlers avec d’autres donateurs internationaux afin de voir si leur aide peut être avancée au début de l’année », a expliqué Valdis Dombrovskis, ajoutant que parmi les donateurs figuraient le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et les États-Unis.
Cela « pourrait suffire […] à couvrir les besoins de financement de l’Ukraine au premier trimestre de l’année prochaine », même si cela « reste à voir », a ajouté le commissaire letton.
L’UE a déjà versé sa part du prêt du G7, qui s’élève à 18,1 milliards d’euros. Mais environ 14 milliards d’euros de cette enveloppe, approuvée en juin, n’ont pas encore été versés par d’autres pays, à savoir les États-Unis, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni. Kiev devrait faire face à un déficit budgétaire de 12 milliards de dollars (10 milliards d’euros) au premier trimestre de l’année prochaine.
De son côté, l’UE peine à s’accorder sur son « prêt de réparation » — distinct du dispositif du G7 — de 185 milliards d’euros avant le sommet décisif des dirigeants européens des 18 et 19 décembre, où la Commission espère persuader la Belgique de soutenir ce projet. Ces efforts ont subi un revers majeur jeudi 27 novembre, lorsque le Premier ministre belge Bart De Wever a vivement critiqué ce projet dans une lettre adressée à la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, qualifiant la proposition de « fondamentalement erronée ».
Le prêt de réparation de l’UE vise à utiliser les soldes de trésorerie liés aux actifs souverains russes détenus par Euroclear, une chambre de compensation basée à Bruxelles, qui ont été immobilisés par l’UE après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Le prêt du G7, en revanche, est déjà en cours et exploite les revenus générés par ces actifs.
La Belgique a refusé de soutenir le prêt de réparation de l’UE à moins que ses risques juridiques et financiers ne soient partagés et que d’autres États de l’UE exploitent les actifs russes détenus dans leurs propres juridictions. Euroclear a exprimé des réserves similaires à propos de ce projet.
Bart De Wever n’a toujours pas renoncé à son opposition à ce projet, qui devrait être officiellement proposé par la Commission dans les prochains jours.
Valdis Dombrovskis a déclaré que l’adhésion des Belges n’était pas une « condition préalable » à la publication d’une proposition juridique détaillée sur son fonctionnement pratique, mais que l’accord de la Belgique serait « idéal ».
Bien que des « progrès techniques » aient été réalisés dans les discussions entre les responsables européens et belges, il a admis que les avancées politiques étaient minimes. « À ce stade, il est également clair que la Belgique n’a toujours pas accepté ce concept », a-t-il expliqué.
La proposition répondra « évidemment » aux préoccupations de la Belgique, a souligné Valdis Dombrovskis. « La Belgique et les autres États membres attendront des éclaircissements. »
Solution « transitoire »
Le commissaire a également averti qu’une solution « transitoire » distincte émanant de l’UE pour combler temporairement le déficit budgétaire de l’Ukraine « pourrait être nécessaire » si les négociations avec la Belgique ne « progressaient pas rapidement » d’ici la fin de l’année.
Ces mesures, décrites dans un document présentant les options distribué aux capitales de l’UE la semaine dernière, prévoiraient le recours à la dette commune de l’UE et à des subventions bilatérales des États membres comme moyens alternatifs de combler temporairement le déficit budgétaire de Kiev.
Le document estime que l’Ukraine aura besoin d’une aide militaire et sociale d’un montant de 72 milliards d’euros en 2026, et de 64 milliards d’euros supplémentaires en 2027.
Ursula von der Leyen a suggéré plus tôt cette semaine que ces alternatives ne seraient pas viables si elles étaient entièrement financées par l’argent des contribuables européens.
Valdis Dombrovskis, ancien Premier ministre letton, a souligné que l’UE devait « aller de l’avant, car les besoins de financement de l’Ukraine sont non seulement considérables, mais aussi urgents ».
« Nous ne pouvons pas discuter indéfiniment de nos options. Nous devons prendre des décisions concrètes », a-t-il conclu.