Paolo Gentiloni demande plus de participation de la part des syndicats dans les plans de relance nationaux

La crise économique causée par le Covid-19 est devenue une crise sociale, a déclaré le commissaire aux affaires économiques Paolo Gentiloni, appelant les syndicats à participer davantage à l’élaboration des plans de relance nationaux.

EURACTIV.com
Le commissaire européen à l’économie, l’Italien Paolo Gentiloni. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La crise économique causée par le Covid-19 est devenue une crise sociale, a déclaré le commissaire aux affaires économiques Paolo Gentiloni, appelant les syndicats à participer davantage à l’élaboration des plans de relance nationaux.

L’arrivée des vaccins est source d’espoir dans la lutte contre la pandémie. « Mais même si nous commençons à voir le bout du tunnel, nous ne savons pas quelle en est sa longueur » a déclaré Paolo Gentiloni lors d’un événement organisé par la direction générale des affaires économiques et financières (DG ECFIN) et la Confédération européenne des syndicats (CES).

La troisième vague du virus et les nouvelles restrictions adoptées par les gouvernements nationaux viennent saper la relance de l’Europe tandis que le risque d’une nouvelle récession s’accroît.

« Nous nous trouvons désormais à la croisée des chemins, avec le risque que la pandémie se transforme en une crise sociale », a fait savoir Paolo Gentiloni lors de la visioconférence. « Mais, nous avons également la possibilité de faire renaître notre Union grâce à des stratégies de croissance et davantage d’emplois », a-t-il ajouté.

Le fonds de relance européen à hauteur de 800 milliards d’euros devrait donner un coup de pouce non négligeable à l’économie du bloc. Les États membres sont actuellement en train de finaliser leurs plans de relance nationaux tout en maintenant un contact étroit avec la Commission européenne afin de s’assurer que la part du fonds qui leur est due sera versée rapidement.

Toutefois, afin de garantir la « qualité » de ces investissements et des plans de réformes, « la participation des parties prenantes, en particulier les syndicats, est absolument essentielle ».

Néanmoins, pour l’heure, « leur engagement n’est pas satisfaisant », a-t-il déploré.

Le commissaire italien a expliqué que sans la participation des syndicats « il serait bien plus difficile » pour les gouvernements nationaux de réformer le marché du travail et les systèmes de pension, comme demandé par l’exécutif européen en échange de la distribution de ses aides financières.

Le dialogue social jouera un rôle important au cours de ce semestre tandis que le Portugal priorisera l’agenda social au cours de sa présidence tournante au Conseil de l’UE.

À l’heure actuelle la Commission n’est pas satisfaite pleinement du travail effectué dans le cadre de l’élaboration des plans de relance nationaux. La semaine dernière, Bruxelles a ainsi indiqué à ses États membres qu’ils devaient être plus précis et ambitieux dans leurs projets d’investissements et de réformes.

Paolo Gentiloni a également appuyé la nécessité de maintenir les stratégies budgétaires actuelles au cours des prochains mois, notamment la suspension provisoire des règles relatives à la dette et aux déficits qui a été décidée au début de la pandémie de Covid-19.

« L’un des problèmes principaux devant être abordé » au sein des États membres sera de savoir comment et quand nous pourrons progressivement lever les mesures de soutien à l’emploi et à l’économie, a avancé le commissaire.

« Nous devrions éviter toute rétractation prématurée », et ce en raison du risque d’une récession à double creux, a-t-il expliqué.

La Commission et les États membres se sont accordés afin de maintenir le programme de relance budgétaire cette année. D’ici à la fin du premier semestre 2021, le Berlaymont entamera des négociations sur le maintien ou non de la suspension du Pacte de stabilité et de croissance en 2022.

Ces pourparlers se tiendront dans le cadre du réexamen actuel de la Commission européenne sur le Pacte ; une procédure lancée en février 2020, mais interrompue à la suite de la pandémie.

Certains pays, notamment la France, souhaite réintroduire les règles budgétaires européennes dès que celles-ci auront été révisées.

Bruxelles devrait présenter ses propositions à cet égard cette année bien qu’aucune date n’ait été confirmée pour l’instant.

D’après Paolo Gentiloni, la nouvelle politique budgétaire de l’Union européenne devra soutenir une transition verte ainsi que la croissance et la durabilité sur le plan social et environnemental.