Eurotunnel contre-attaque et saisit les autorités françaises et britanniques des marchés

Le gestionnaire d'infrastructures du tunnel sous la Manche conteste la décision de la Commission européenne, gendarme de la concurrence, tant sur le fond que sur la forme. Le PDG du groupe veut s'assurer qu'il n'y a pas eu d'infraction au droit boursier.

EURACTIV.fr
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Le gestionnaire d’infrastructures du tunnel sous la Manche conteste la décision de la Commission européenne, gendarme de la concurrence, tant sur le fond que sur la forme. Le PDG du groupe veut s’assurer qu’il n’y a pas eu d’infraction au droit boursier.

Le PDG d’Eurotunnel ne décolère pas. « 500 millions d’euros de valeur ont été détruits en deux jours », conséquence de la chute en bourse du groupe franco-britannique, indique Jacques Gounon dans un courrier adressé aux actionnaires, publié sur le site de l’entreprise le 24 juin.

Dans cette lettre, le dirigeant annonce sa décision de saisir l’autorité des marchés financiers (AMF), ainsi que son homologue britannique (UK listing authority). Cette réaction fait suite à un avis motivé adressé par la Commission européenne à Paris et Londres. Annoncée le 20 juin, à la mi-journée, la décision vise la « tarification excessive » des péages qui serait pratiquée par le gestionnaire d’infrastructures du tunnel sous la Manche. Problème, l’information est déjà dans la presse depuis la veille.

Le lendemain, le titre Eurotunnel dévisse de 12%. La fuite de ces informations sensibles sur un groupe coté, avant la publication du communiqué de la Commission et « avant même que la société en ait connaissance » a-t-elle enfreint le droit boursier ? C’est la question soumise par Eurotunnel à l’AMF et UKLA.

Comme souvent, l’exécutif européen a mené son action après avoir reçu des plaintes. Fait « invraisemblable », s’étonne Jacques Gounon, « nul représentant de la Commission » n’a « daigné nous demander des renseignements ».

Point par point, le PDG répond aux accusations relatives à la sous-utilisation du tunnel ou l’accès au péage. Ce dernier est « plus compétitif que celui des infrastructures publiques adjacentes », estime-t-il, citant un ratio entre le péage et l’investissement de 0,77 pour le Tunnel contre 0,92 pour le train à grande vitesse de l’Eurostar ou 1,89 pour la LGV Nord.