Européennes : Manon Aubry désignée « coordinatrice » pour LFI, l'hypothèse Ségolène Royal écartée
La cheffe de file des insoumis au Parlement européen, Manon Aubry, va « coordonner la campagne » de La France insoumise, « dans l’objectif d’une liste unique de la NUPES » pour les élections européennes de 2024, a annoncé le mouvement mardi.
La cheffe de file des insoumis au Parlement européen, Manon Aubry, va « coordonner la campagne » de La France insoumise, « dans l’objectif d’une liste unique de la NUPES » pour les élections européennes de 2024, a annoncé le mouvement mardi (5 septembre).
« Le débat sur la liste commune de la NUPES aux européennes est relancé ! Face à l’urgence écologique et sociale, l’unité est un devoir : je coordonnerai pour la France Insoumise notre campagne pour l’obtenir », a déclaré sur X (ex-Twitter), Manon Aubry, déjà tête de liste La France insoumise (LFI) aux européennes de 2019.
Pour parvenir à une liste unique de la gauche au scrutin de juin 2024, « nous avons proposé à EELV de prendre la tête de la liste commune », explique LFI dans une déclaration publiée mardi, le parti écologiste étant arrivé en tête des partis de gauche en 2019, avec près de 13 % des voix.
Or pour 2024, les communistes et les écologistes ont déjà présenté chacun une tête de liste — Léon Deffontaines et Marie Toussaint — et semblent bien décidés à concourir sous leurs propres couleurs.
« Nous maintenons notre proposition que la tête de liste soit issue d’EELV (Europe Ecologie — Les verts) et la garantie pour chacun d’avoir sa place au Parlement européen », ajoute LFI dans son communiqué, écartant donc l’hypothèse Ségolène Royal.
Ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, contre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal s’est rapprochée du mouvement de Jean-Luc Mélenchon depuis qu’elle l’a soutenu pour l’élection présidentielle de 2022. Elle avait semé la confusion il y a près de deux semaines, lors de l’université d’été de LFI, en déclarant vouloir prendre la tête d’une liste d’union de la gauche, avec le soutien des insoumis donc, pour les prochaines européennes.
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« On nous a attribué l’intention […] de former une liste de la France insoumise ayant à sa tête Ségolène Royal. Ce n’est pas ce que nous avons dit et ce que nous disons », a clarifié la coordination de LFI dans son communiqué, tout en remerciant Mme Royal.
« Une liste unie est possible », selon le mouvement de gauche radicale, qui rappelle les multiples soutiens à cette initiative, de l’ancien candidat socialiste à la présidentielle de 2017 Benoît Hamon au député socialiste Jérôme Guedj.
Parmi ceux qui jugent nécessaire « d’étudier cette option » sans l’écarter d’emblée figurent les écologistes Sandrine Rousseau, députée et figure de l’aile gauche du parti, et Julien Bayou, ancien secrétaire national.
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a déclaré qu’il ne serait « jamais un obstacle au chemin vers l’union » de la gauche et que si EELV acceptait de discuter d’une liste unie, il participerait aux échanges sur ce sujet. Le PS est tout de même en train de préparer une liste autonome.
Les rapports de force
Le mouvement de gauche radicale veut, par cette initiative « battre le bloc macroniste et la liste du Rassemblement National » afin de contrer « la vague de maltraitance sociale venant du gouvernement et d’une convergence des droites et de l’extrême droite autour du programme de cette dernière ».
Une liste unitaire de la NUPES menée par l’écologiste Marie Toussaint, Manon Aubry ou Olivier Faure récolterait 25 % des intentions de vote, selon un sondage de Cluster17 publié en août, devant le Rassemblement national (24 %) et la liste Renaissance (20 %).
Séparées, les trois premières listes de gauche (PS, LFI, EELV) atteindraient entre 8 % et 10 % chacune selon les études et les communistes entre 3 % et 5 %. Des rapports de force confirmés par le sondage de l’Ifop paru dimanche dans le JDD.
Dans un entretien publié dans le média Politis mardi, Manon Aubry refuse de « jouer une bataille de petits chevaux pour se piquer un ou deux sièges […] à l’heure où un arc réactionnaire se renforce de la droite à l’extrême droite partout en Europe ».