Européennes 2024 : Nicolas Schmit, tête de liste des socialistes, promet de combattre la droite
Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit a été élu à une large majorité tête de liste du Parti socialiste européen (PSE) pour les élections européennes de juin 2024, lors du congrès du parti samedi (2 mars).
Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux Nicolas Schmit a été élu à une large majorité tête de liste du Parti socialiste européen (PSE) pour les élections européennes de juin 2024, lors du congrès du parti qui s’est tenu en Italie samedi (2 mars).
Le candidat tête de liste (spitzenkandidat) du PSE pour les élections de juin prochain sera également en lice pour succéder à Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne.
Durant son allocution au congrès du parti, M. Schmit a réitéré son attachement aux valeurs européennes et a déclaré que la lutte contre la montée de la droite en Europe serait l’un de ses objectifs principaux.
« La meilleure réponse à l’extrême droite est notre vision et notre projet pour l’Europe, afin que chaque citoyen et chaque enfant puisse avoir une vie meilleure », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il était en faveur du respect, par opposition à la haine.
Il a également évoqué l’importance d’une politique européenne de défense et de sécurité, car il est temps « qu’en tant qu’Européens, nous prenions les choses en main ».
Un choix qui ne fait pas l’unanimité
Nicolas Schmit a été ministre du Travail au sein du gouvernement luxembourgeois pendant plusieurs années avant de devenir commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux en 2019.
M. Schmit est resté relativement discret durant son mandat de commissaire, ce qui inquiète certains socialistes, alors que la gauche continue de perdre du terrain et que les sondages prévoient un glissement à droite lors de la prochaine législature du Parlement européen.
Bien que le choix du PSE n’ait pas fait l’unanimité, la tête de liste des sociaux-démocrates allemands, Katarina Barley, l’a soutenu, déclarant qu’il était le candidat le plus apte à la social-démocratie et ajoutant qu’« il est un diplomate chevronné tout à fait sûr de lui sur la scène internationale».
Samedi, Nicolas Schmit a également évoqué la division entre l’extrême droite et la gauche. « Nous combattrons ceux qui propagent la haine et la division dans nos sociétés, ceux qui alimentent les peurs et préparent le retour du nationalisme […] La normalisation de l’extrême droite, telle que nous l’avons vue aux Pays-Bas, est dangereuse et irresponsable », a déclaré le Luxembourgeois.
Le sénateur italien Michele Barcaiuolo, du parti Frères d’Italie (Fratelli d’Italia, Conservateurs et Réformistes européens), a qualifié ces propos d’« inacceptables ».
« Peut-être M. Schmit devrait-il trouver le temps de suivre un cours, de niveau débutant, d’histoire politique. Il commencerait à s’inquiéter lorsqu’il se rendrait compte que les seuls extrémismes qui existent actuellement en Europe sont les folies “écologistes” adoptées par son propre PSE », a expliqué le sénateur.
Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit n’a pas non plus semblé convaincu par le choix du PSE et a émis d’autres critiques à l’encontre du parti.
« Qu’en est-il du retour possible de Joseph Muscat en tant que commissaire [européen] ? Quelqu’un devrait leur poser la question », s’est interrogé l’un des membres du PPE auprès d’Euractiv.
Le Maltais Joseph Muscat (Parti travailliste maltais) a démissionné de son poste de Premier ministre en 2020 suite à des manifestations nationales concernant ses liens avec des individus accusés d’être impliqués dans l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Il fait également l’objet d’une enquête pour avoir prétendument reçu de l’argent provenant du partenariat public-privé d’un hôpital frauduleux.
Il a été désigné comme la personne la plus corrompue de l’année 2019 par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), mais la rumeur veut qu’il revienne en politique, au niveau européen cette fois, par l’intermédiaire de son parti, affilié au PSE.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]