Européennes 2024 : Emmanuel Macron accuse l’opposition d'être « ambiguë » sur l'Europe
Les forces politiques d’opposition de gauche comme de droite se sont montrées « ambiguës sur l’Europe », ce qui les rend inaptes à siéger au Parlement européen après les élections européennes de 2024, a déclaré le président français Emmanuel Macron mercredi.
Les forces politiques d’opposition de gauche comme de droite se sont montrées « ambiguës sur l’Europe », ce qui les rend inaptes à siéger au Parlement européen après les élections européennes de 2024, a déclaré le président français Emmanuel Macron mercredi (2 août).
À dix mois des élections européennes de juin 2024, et alors que la campagne n’a pas encore commencé, Emmanuel Macron cherche d’ores et déjà à renforcer sa crédibilité en tant que figure pro-européenne au milieu de partis politiques français marqués d’euroscepticisme, comme il l’explique au Figaro Magazine dans un entretien publié mercredi (2 août).
Marine Le Pen, dont le parti Rassemblement National (RN) siège avec le groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen, « était pour la sortie de l’Europe et de l’euro », a d’abord rappelé M. Macron, l’accusant de « conteste[r] l’Europe » et d’être « nationaliste ».
Quant à son homologue de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon (groupe de La Gauche), eurosceptique de longue date, il « est pour ne pas appliquer les traités [européens], ce qui est un drôle de truc, sinon c’est pour en sortir », a expliqué le président de la République.
Dans un tel contexte politique, M. Macron tente de se distinguer par son européanisme assumé, affirmant qu’il était prêt à lutter contre « la montée des extrêmes » et à défendre « la grande voix » de la France au sein de l’Union.
Dans cet entretien avec le président français, le Figaro Magazine a tenté de faire le point sur les « cent jours d’apaisement » décrétés par Emmanuel Macron lui-même après l’adoption de la réforme des retraites en avril. Les espoirs d’un retour au calme après les mois de contestation ayant suivi l’adoption de cette réforme ont toutefois été réduits à néant après la mort du jeune Nahel, âgé de 17 ans, abattu par la police le 27 juin dernier, un évènement qui a déclenché d’importantes manifestations dans tout le pays.
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Une nouvelle « initiative politique »
Dans une nouvelle tentative de stabiliser la situation politique, M. Macron a annoncé une « initiative politique d’ampleur » avant la fin du mois. Cette dernière consisterait à « tendre la main à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté soucieux d’avancer sur l’écologie, les services publics, le travail, l’ordre, le progrès [ou encore] l’immigration », confie un membre de la garde rapprochée du président, sous couvert d’anonymat.
Comme le parti présidentiel ne dispose pas de la majorité absolue au parlement, une telle initiative vise avant tout à créer des coalitions ad hoc entre la majorité et les députés modérés du parti conservateur Les Républicains (LR).
Mais la partie est loin d’être jouée. Le président a confirmé lors de l’entretien qu’il présenterait à l’automne un projet de loi sur l’immigration, dont le contenu, divulgué dans la presse au cours des derniers mois, a déjà cristallisé les tensions.
Une proposition visant à accorder un permis de séjour automatique aux immigrants illégaux travaillant dans des secteurs touchés par une pénurie de main-d’œuvre a irrité l’aile droite de l’Assemblée, qui menace de bloquer le dossier si rien ne change.
« J’utiliserai ce que la Constitution me permet de faire », a déclaré Emmanuel Macron, faisant allusion à l’article 49.3, qui peut donner au gouvernement le pouvoir de faire adopter un projet de loi sans vote, à condition toutefois qu’une motion de censure échoue.
Cet outil constitutionnel, jugé antidémocratique par de nombreux partis d’opposition, a fait l’objet de critiques lorsqu’il a été utilisé pour l’adoption de la réforme des retraites en mars et plus d’une dizaine de fois lors des débats sur le projet de loi de finances 2022.
Le président français a également rejeté le grand projet de la droite LR de modifier la Constitution pour permettre aux gouvernements de contourner les traités de l’UE lorsque des « intérêts nationaux fondamentaux », tels que l’immigration, sont en jeu, selon les termes du sénateur LR Bruno Retailleau.
Au lieu de cela, Emmanuel Macron a déclaré qu’il chercherait à renforcer les processus d’intégration en répartissant les populations immigrées sur l’ensemble du territoire : « Si vous mettez toutes les familles ukrainiennes au même endroit, elles ne s’intégreront pas ».