Le Brexit, « cheval de Troie de Trump »
Le vice-président du Parlement européen récemment réélu, Ramón Luis Valcárcel, a déclaré aujourd’hui que le président des États-Unis, Donald Trump, utilisait le Brexit comme cheval de Troie et a appelé les pays de l’UE à rester soudés pour défendre les valeurs européennes. Un article de notre partenaire Euroefe.
Le vice-président du Parlement européen récemment réélu, Ramón Luis Valcárcel, a déclaré aujourd’hui que le président des États-Unis, Donald Trump, utilisait le Brexit comme cheval de Troie et a appelé les pays de l’UE à rester soudés pour défendre les valeurs européennes. Un article de notre partenaire Euroefe.
« Le président des États-Unis se sert du Brexit pour diviser et j’espère et je souhaite que le Royaume-Uni fasse preuve de bon sens et n’ouvre pas la porte à ses idées ni à Donald Trump en personne pour une visite à Londres et une intervention devant le parlement britannique », a-t-il expliqué dans une interview avec EFE.
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Ramón Luis Valcárcel a signalé que face à la grande inquiétude pour l’UE que représentait la nouvelle administration américaine, les pays européens devaient « s’unir pour se défendre face aux ingérences et à la volonté d’influencer, de dominer et même d’orienter » de la Maison-Blanche.
Le vice-président du Parlement a rejeté les critiques de groupes comme la Gauche unie (GUE) qui assurent que l’UE n’a aucune légitimité à dénoncer la politique migratoire de Donald Trump puisque des clôtures existent aussi aux frontières de l’UE et que les quotas de réfugiés fixés par Bruxelles ne sont toujours pas respectés.
« Ceux qui disent que l’Europe impose des frontières comme celle de Donald Trump ne comprennent rien […]. En matière d’immigration et de réfugiés, l’UE possède une vision sociale que les États-Unis n’ont pas », a-t-il affirmé.
« Il est vrai que de nombreuses personnes sont mortes en mer, mais l’UE a aussi sauvé un grand nombre de personnes. Et ça, nous n’avons pas su l’expliquer », a-t-il ajouté.
Ramón Luis Valcárcel a toutefois qualifié d’hypocrite l’attitude de certains gouvernements « qui durant les Conseils de Bruxelles disent qu’ils vont accueillir des milliers de personnes et oublient tout dès qu’ils rentrent chez eux ».
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Le vice-président du Parlement a signalé que l’un de ses rôles était d’aider à mieux communiquer le travail réalisé par le Parlement européen. « Il faut expliquer beaucoup et bien, en utilisant des ressources que nous avons à notre disposition, des réseaux sociaux en passant par les programmes scolaires », a-t-il insisté.
Ramón Luis Valcárcel estime qu’il serait non seulement intéressant, mais surtout très utile de mettre en place une matière à l’école sur l’Union européenne. Il a aussi expliqué à EFE que durant sa carrière d’enseignant, il faisait en sorte d’inculquer à ses élèves l’importance du projet européen durant les cours d’histoire.
Selon le vice-président, l’importance de bien expliquer le travail de l’UE sera particulièrement clé jusqu’aux prochaines élections européennes (2019), période durant laquelle se juxtaposent plusieurs rendez-vous électoraux, notamment dans des pays où croît l’euroscepticisme, comme en France ou aux Pays-Bas.
« Cela nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes pour que la citoyenneté ne se laisse pas emporter par des points de vue contraires aux valeurs européennes », a-t-il soutenu.
En janvier, lors de la nomination de Ramón Luis Valcárcel, l’Italien Antonio Tajani a été élu président du Parlement. « Un homme qui, déjà en tant que commissaire, a défendu les intérêts de l’Espagne de manière extraordinaire […] Il fera valoir l’idée d’une Espagne unie qui fait valoir la loi au détriment des approches séparatistes ».
« Durant le peu de temps qu’il a pour l’instant passé en tant que président du Parlement, il a déclaré avec force que la loi s’imposait à tous et qu’on ne pouvait pas ignorer la Constitution, qui sont les règles qui régissent la cohabitation dans les États membres », a-t-il déclaré.
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