Euronews prévoit de lancer un service en turc en 2010 [FR]
En janvier 2010, la chaîne de télévision Euronews lancera la neuvième version linguistique de ses programmes, en turc, en partenariat avec la télévision publique turque, TRT. Philippe Cayla, président du directoire d’Euronews, a donné plus de détails à EURACTIV hier (3 mars).
En janvier 2010, la chaîne de télévision Euronews lancera la neuvième version linguistique de ses programmes, en turc, en partenariat avec la télévision publique turque, TRT. Philippe Cayla, président du directoire d’Euronews, a donné plus de détails à EURACTIV hier (3 mars).
Grâce au réseau de distribution de TRT, service turc de radiodiffussion et de télévision, Euronews sera présent dans 17 millions de foyer turcs. Mais M. Cayla a insisté sur le fait que le service profitera à des millions de turcophones résidant à l’étranger, en Chypre du Nord, dans le Caucase, en Asie centrale et en Europe, en particulier en Allemagne.
Euronews est une chaîne multilingue qui diffuse déjà des programmes dans huit langues et dont le format est facilement ajustable à de nouvelles langues, a expliqué M. Cayla. L’entreprise cherche à augmenter le nombre de langues, et TRT et Euronews ont trouvé des intérêts communs, a-t-il indiqué.
« En lançant un service en langue turque, Euronews aura davantage de téléspectateurs en Turquie, ce qui est dans notre intérêt immédiat. Quant à la Turquie, son intérêt réside dans le fait d’avoir une chaîne d’information qui se concentre fortement sur l’Europe et qui peut familiariser l’audience avec les affaires européennes », a indiqué M. Cayla.
Il a expliqué que des adaptations ou des changements éditoriaux seront effectués aux programmes. « Il y aura une tendance naturelle à parler davantage de la Turquie. »
Euronews pourra également utiliser des images de TRT, qui seront toutefois montées par les journalistes d’Euronews. Une fenêtre publicitaire sera ouverte au profit des marchés turcs.
Journalistes turcs recherchés
M. Cayla a ajouté qu’Euronews engagera 17 journalistes, qui influeront sur l’équipe éditoriale de la même façon que les journalistes des autres services linguistiques.
Interrogé sur la procédure d’embauche des journalistes turcophones, M. Cayla a indiqué qu’ils doivent simplement envoyer leur CV à Euronews, et si leur profil correspond aux compétences requises, ils obtiendront un entretien avec l’équipe éditoriale à Lyon.
Quant aux aspects financiers de l’accord avec TRT, M. Cayla a déclaré que la chaîne publique turque deviendra actionnaire d’Euronews et financera la version turque. « Le coût que représentera pour Euronews le lancement de la nouvelle version linguistique n’est pas un secret, parce que nous avons un contrat avec l’UE pour l’arabe, qui s’élève à cinq million d’euro par année », a indiqué M. Cayla.
Lutter contre l’euroscepticisme
A la question de savoir si le projet a également été mis sur pied pour répondre au problème de la montée de l’euroscepticisme en Turquie, M. Cayla n’a pas caché que lutter contre cette tendance faisait partie des motivations des deux parties.
« Je pense que c’est précisément la motivation de TRT que de stimuler les sentiments pro-européens en Turquie », a-t-il expliqué.
Le président du directoire d’Euronews a souligné que la ligne éditoriale de sa chaîne est mondiale, et que l’adaptation est régionalisée via les versions linguistiques (actuellement : l’allemand, l’anglais, le français, l’espagnol, l’italien, le portugais, le russe et l’arabe).
Contre la vision anglo-saxonne du monde
« Nous luttons contre le monopole de la langue anglaise et la vision anglo-saxonne du monde. Nous sommes le seul véritable contrepoids à cette vision anglo-saxonne. Et je pense que les Turcs l’apprécieront, parce que jusqu’à présent, ils ne disposaient pas d’un tel contrepoids », a déclaré M. Cayla.
Quant à l’évaluation des derniers services lancés (en russe et en arabe), M. Cayla a déclaré qu’en ce qui concerne la Russie, l’impact, mesuré depuis 1999, était excellent à Moscou et dans le monde russophone. Le service en arabe n’a été lancé qu’en juillet 2008 et l’on ne dispose pas encore d’analyse d’impact fiable. Toutefois, une évaluation de ce type a été effectuée au Liban, et elle montre qu’Euronews a de l’avance sur ses concurrents CNN et BBC World.
« Nous étions derrière Al Jazeera et Al Arabiya, mais nous ne pouvons pas vraiment entrer en compétition avec ces chaînes qui sont ancrées si profondément dans le monde arabe », a indiqué M. Cayla. Il n’a en outre pas tenu secret le fait qu’Euronews avait davantage d’ambitions pour son service linguistique. « Il est peut être trop tôt pour être précis, mais nous avons d’autres projets pour les nouvelles langues européennes et les langues non-européennes », a-t-il révélé.