Euro-obligations : l'Institut de Kiel exhorte l'Allemagne à soutenir les dépenses communes de l'UE en matière de défense
L'organisation a déclaré que les pays de l'UE devraient réduire leurs programmes sociaux ou s'appuyer sur une dette commune.
Le groupe de réflexion économique allemand, l’Institut de Kiel, appelle Berlin à envisager l’utilisation d’euro-obligations pour soutenir les dépenses communes de défense de l’Europe, une idée que le gouvernement n’a jamais été enclin à poursuivre.
La fragmentation du marché européen de la défense est un problème de longue date. Mais l’augmentation des dépenses de défense à travers le continent a soulevé des questions sur la manière de rendre cette allocation plus efficace. Aujourd’hui, l’Institut de Kiel avertit que l’Allemagne est un excellent exemple de la manière dont de nombreux pays européens dépensent leur argent pour la défense de manière non coordonnée et inefficace.
Pour éviter une fragmentation supplémentaire, l’Allemagne devrait être ouverte à « la mise en place d’un financement commun, y compris des euro-obligations, pour la propriété commune des technologies de défense de nouvelle génération, comme première étape vers une défense européenne intégrée », conseille l’institut de recherche.
Cette suggestion n’est pas sortie de nulle part. La France, l’Italie et la Banque centrale européenne se sont déjà prononcées en faveur de ce plan.
Le gouvernement allemand s’est toutefois opposé à la dette commune de l’UE, qualifiant récemment cette proposition de distraction.
Les pays qui s’opposent à un tel plan font valoir que le fonds de relance COVID de 577 milliards d’euros – le précédent projet d’emprunt commun de l’UE – n’a pas encore été remboursé et que la dette nationale est déjà trop élevée dans toute l’Europe.
Les chercheurs de Kiel soulignent toutefois que l’Europe manque de capacités dans les domaines des systèmes spatiaux et des fusées, des infrastructures de communication, des logiciels militaires en nuage et de l’intelligence artificielle. Selon eux, ces systèmes coûteux pourraient être achetés et détenus conjointement.
Sans instruments tels que les euro-obligations, de nombreux pays de l’UE devraient réduire de manière disproportionnée leurs programmes sociaux, ajoute l’Institut de Kiel, soulignant que l’Allemagne pourrait bénéficier d’une plus grande autonomie financière européenne.