Espagne : Zapatero remporte les législatives [FR]
Lors de l'élection d'hier, 9 mars, José Luis Rodriguez Zapatero et le parti socialiste espagnol ont remporté un deuxième mandat avec une marge de 4%. Cette victoire survient dans un contexte marqué par un attentat terroriste, des difficultés économiques et un fossé idéologique grandissant qui divise la communauté espagnole.
Lors de l’élection d’hier, 9 mars, José Luis Rodriguez Zapatero et le parti socialiste espagnol ont remporté un deuxième mandat avec une marge de 4%. Cette victoire survient dans un contexte marqué par un attentat terroriste, des difficultés économiques et un fossé idéologique grandissant qui divise la communauté espagnole.
Près de 44% des électeurs ont soutenu le parti de M. Zapatero, accordant 169 sièges aux socialistes au Parlement, selon les derniers résultats portant sur 97% des votes. Le Parti Populaire conservateur a remporté à peine 40% du scrutin et 154 sièges au Parlement. La participation des électeurs était relativement élevée : 75% de la population s’est rendue aux urnes.
Comme en 2004, le résultat serré de l’élection implique que les socialistes frisent la majorité absolue et devront rivaliser avec les conservateurs pour former des coalitions avec les petits partis au Parlement.
De nombreux observateurs considèrent également l’issue de l’élection comme un rappel des divisions idéologiques et générationnelles grandissantes en Espagne. Les partisans du parti socialiste sont généralement plus jeunes et favorables au libéralisme social et politique du Premier ministre. Ils soutiennent ouvertement la légalisation du mariage homosexuel et souhaitent accorder davantage d’autonomie aux régions espagnoles comme la Catalogne et le Pays Basque.
Mais les Espagnols plus âgés et/ou plus conservateurs craignent que M. Zapatero ne parvienne pas à faire face aux niveaux croissants d’immigration en provenance de pays tiers et que ses politiques n’entraînent le ralentissement économique et la perte des valeurs traditionnelles.
Hormis les débats idéologiques, il est clair que la croissance de l’Espagne ralentit, tandis que l’inflation et le chômage sont en hausse.
Les opposants à M. Zapatero affirment que l’absence de réformes structurelles plus que nécessaires nuit à la santé à long terme de l’économie espagnole qui, selon les économistes, dépend de plus en plus du secteur de la construction. D’après des observateurs, M. Zapatero aura davantage de difficultés à maintenir l’économie du pays durant son deuxième mandat.
Dans un incident qui évoque les attentats du métro de Madrid qui avaient précédé et profondément affecté l’élection de mars 2004, un ancien élu local socialiste est décédé le 8 mars. Il aurait été visé par un membre du groupe séparatiste basque ETA. Personne ne peut encore affirmer si cet assassinat a eu des répercussions directes sur l’élection de dimanche.