Espagne : reçus au ministère, les agriculteurs maintiennent leur mobilisation
Les trois principaux syndicats agricoles espagnols ont annoncé vendredi (2 février) qu'ils poursuivaient leur mobilisation à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Agriculture, qui s'est engagé à « travailler » pour répondre à la crise du secteur.
Les trois principaux syndicats agricoles espagnols ont annoncé vendredi (2 février) qu’ils poursuivaient leur mobilisation à l’issue d’une réunion avec le ministre de l’Agriculture, qui s’est engagé à « travailler » pour répondre à la crise du secteur.
Le mouvement des agriculteurs espagnols prendra fin « dès que nous aurons des mesures concrètes » sur la politique agricole, « au service » des agriculteurs, a souligné lors d’un point presse la vice-présidente de l’Union des petits agriculteurs (UPA), Montserrat Cortiñas.
Un message relayé par les deux autres syndicats majoritaires, la Coag et l’Asaja.
« La campagne doit se faire entendre », a justifié José Manuel Cebollada, vice-présidente de l’Asaja, en estimant que la politique agricole actuelle protégeait plus « l’environnement » que les « droits des agriculteurs ».
Cette réunion avait été convoquée en urgence par le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, désireux de faire retomber la pression dans le secteur espagnol, qui a annoncé mardi (30 janvier) rejoindre le mouvement de colère européen avec une série de manifestations « dans les prochaines semaines ».
S’exprimant à l’issue de la rencontre, le responsable socialiste a dit comprendre la colère des agriculteurs et s’est engagé à défendre une plus grande « simplification » administrative face à l’« accumulation des normes » fixées par la Politique agricole commune (PAC).
Il s’agit « d’identifier quelles procédures bureaucratiques peuvent être réduites », a-t-il souligné, en égratignant l’attitude de Bruxelles vis-à-vis de la colère agricole. « Si nous sommes ici, c’est parce que la Commission [européenne] n’a pas été capable jusqu’à présent de dialoguer avec le secteur », a-t-il jugé.
Les syndicats espagnols dénoncent « une frustration et un malaise croissants » en raison « de la bureaucratie étouffante générée par les règlementations européennes », et de la « concurrence déloyale » des produits venant de l’extérieur de l’UE, qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. Des revendications partagées par la plupart des agriculteurs de l’UE.
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Rassemblements
Depuis l’annonce de mardi, plusieurs rassemblements ont eu lieu, notamment à Leon, Zamora et Avila, dans le nord et le centre du pays. D’autres manifestations sont prévues le 13 février à Barcelone, le 14 février en Andalousie et en Castille-la-Manche, et le 21 février à Madrid.
En outre, certains agriculteurs espagnols avaient rejoint la manifestation d’envergure qui s’est déroulée jeudi à Bruxelles en marge d’un sommet européen consacré notamment au déblocage de l’aide à l’Ukraine.
Lors de leur réunion, les syndicats et Luis Planas ont également évoqué les attaques dont l’agriculture espagnole fait l’objet depuis plusieurs jours en France, de la part des manifestants — qui ont agressé des chauffeurs routiers venant d’Espagne — mais aussi de certains responsables politiques.
« De tels incidents » sont « intolérables », a souligné M. Planas, en rappelant que les règles européennes prévoyaient la « libre circulation des personnes et des marchandises » dans l’UE. Le ministre a assuré avoir reçu jeudi (1er février) une lettre de son homologue français Marc Fesneau présentant ses « excuses ».
Les agriculteurs espagnols assurent avoir été particulièrement choqués par des propos tenus par l’ancienne ministre française de l’Environnement, Ségolène Royale, qui a jugé que les tomates bio espagnoles étaient « immangeables » et ne respectaient pas « les normes françaises ».
Ces critiques sont « infondées » et appellent « une réponse ferme du gouvernement espagnol », a jugé dans un communiqué l’Asaja, en assurant que les produits espagnols respectaient « rigoureusement » les normes européennes et étaient « reconnus internationalement pour leur excellence ».
L’Espagne, souvent qualifiée de « potager de l’Europe », est le premier exportateur européen de fruits et légumes. Le secteur agricole espagnol y est néanmoins en difficulté, en raison principalement de la sécheresse qui sévit depuis trois ans dans le pays.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]