Espagne : les socialistes perdent du terrain et le centre droit s’allie à l’extrême droite
Le Parti populaire conservateur espagnol est le parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix dans sept des dix grandes villes du pays lors des élections locales de dimanche (28 mai). Il devra toutefois former des coalitions avec le parti d’extrême droite VOX dans certaines régions.
Le Parti populaire conservateur espagnol (PP, Parti populaire européen) est le parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix dans sept des dix grandes villes du pays — Madrid, Valence, Séville, Saragosse, Malaga, Murcie et Palma — lors des élections locales de dimanche (28 mai). Il devra toutefois former des coalitions avec le parti d’extrême droite Vox dans certaines régions.
Ces résultats, s’ils se confirment lors des élections générales prévues en décembre, pourraient faire tomber l’actuelle coalition de gauche composée du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) et de Unidas Podemos (Gauche européenne). Cependant, si le parti conservateur veut prendre le contrôle des communautés autonomes, il devra probablement former une coalition avec le parti d’extrême droite Vox (Conservateurs et Réformistes européens), rapporte EFE, média partenaire d’EURACTIV.
En outre, avec la baisse de popularité du parti de gauche Unidas Podemos et du parti centriste Ciudadanos (Cs, Renew Europe), le PP ayant manifestement récupéré les sièges de ce dernier dans les conseils, l’Espagne semble revenir à un système bipartite où le PSOE et le PP ont la mainmise sur les autres groupes de gauche et de droite.
Cette année, le taux de participation a été de 63,83 %, soit environ 22 millions de personnes, ce qui représente une légère baisse par rapport au 65,19 % enregistrés en 2019.
Les résultats détaillés
Globalement, le PP a regagné du terrain en Castille-et-Léon (nord-ouest) et pourra gouverner dans quatre ou cinq capitales provinciales ; avec une majorité absolue à Salamanque, tandis qu’à Valladolid et Burgos, il devra former une coalition avec le parti d’extrême droite Vox. À Ségovie, il pourra former un gouvernement minoritaire.
Selon les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur, le PSOE n’a conservé sa position de leader qu’à Las Palmas, aux Canaries, et a perdu sa position dominante à Séville (Andalousie), Saragosse (Aragon) et Palma (Îles Baléares).
Dans les communautés autonomes, le PSOE pourrait avoir perdu sa position de premier parti à Valence et en Estrémadure.
Au niveau national, le PP a obtenu 687 000 voix de plus que le PSOE, ce qui leur garantit 22 739 fonctionnaires locaux, contre 20 160 pour les socialistes.
Le PP a remporté 2 375 sièges de conseillers de plus que lors des élections de 2019, tandis que le PSOE en a perdu environ 2 181.
Au dernier décompte, le PP avait obtenu 6 691 731 voix contre 6 004 291 pour le PSOE.
Le PP a obtenu le plus grand nombre de voix dans 28 des 50 capitales provinciales espagnoles, soit 17 de plus qu’en 2019, obtenant la majorité absolue dans la moitié des cas.
Le parti de centre libéral Ciudadanos a été le grand perdant de ces élections, n’obtenant que 378 sièges de conseillers et en perdant 2 409, passant en pourcentage de voix de 8,73 % en 2019 à 1,35 %.
En revanche, Vox — le deuxième grand vainqueur de ces élections — a doublé le nombre de ses électeurs lors des municipales, passant de 3,5 % à 7,1 %, et a plus que triplé le nombre de postes de conseillers qu’il contrôle, passant de 530 à 1 663.
Dans le même temps, le parti de gauche Compromís a obtenu 2,56 % des voix et 2 674 postes de conseillers à Valence, suivi par le parti indépendantiste catalan Gauche républicaine de Catalogne (ERC) avec 2,43 % des voix mais 2 879 sièges.
Le parti nationaliste basque Réunir le Pays basque (EH Bildu) a obtenu 1,70 % des voix et 1 391 sièges de conseillers, soit 129 sièges de plus qu’en 2019, suivi par le Parti nationaliste basque (PNV) avec 1,5 % des voix et 984 sièges, soit 71 sièges de moins qu’il y a quatre ans.
Barcelone et Madrid
À Barcelone, le parti indépendantiste Ensemble pour la Catalogne (Junts) a remporté les élections municipales, et à Bilbao, le parti nationaliste modéré PNV est arrivé — comme en 2019 — en tête des suffrages.
À Madrid, le PP a remporté la majorité absolue dans la course au conseil municipal, obtenant 29 sièges.
Le parti de gauche Más Madrid (MM) est arrivé en deuxième position avec 12 conseillers, le PSOE n’ayant pas obtenu le plus grand nombre de voix à gauche, et Ciudadanos et Unidas Podemos (Gauche européenne), partenaire de coalition du PSOE au sein du gouvernement central, n’ayant pas été retenus.
À Barcelone, Junts a obtenu 11 conseillers, tandis que le candidat de Junts à la mairie, Xavier Trias, a battu le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) et son dirigeant Jaume Collboni avec plus de 7 000 voix, le parti de gauche Barcelone en commun (BComu) arrivant en troisième position avec neuf conseillers.
Valence et Séville
À Valence, la gauche a perdu le contrôle de la troisième ville d’Espagne, où le bloc de droite a obtenu 17 conseillers, soit la majorité absolue, mais seulement un siège de plus que la gauche.
Le PP a remporté 13 élections municipales, contre huit en 2019, tandis que Vox en a remporté quatre, soit deux de plus que lors des élections précédentes, Compromís en a obtenu neuf et le PSOE sept.
À Séville, la plus grande ville d’Andalousie, le PSOE a perdu un bastion municipal, le PP obtenant 14 sièges de conseillers, soit six de plus qu’en 2019, alors que les socialistes en ont obtenu 12, contre 13 lors des dernières élections.
Le PP a remporté la majorité absolue à Saragosse avec 15 conseillers, contre 10 pour le PSOE ; à Malaga, le PP a également obtenu la majorité absolue, obtenant 17 des 31 sièges de conseillers, contre 14 en 2019, tandis que le PSOE en a obtenu 10, soit deux de moins qu’il y a quatre ans.