Eric Chaney :«Cette crise peut être une formidable opportunité pour l’Europe»

Alors que le gouvernement français tente de minimiser l’impact de la crise en France, l’économiste, Eric Chaney, chef économiste pour l’Europe de la banque Morgan Stanley, envisage dans un entretien accordé à EURACTIV.fr les conséquences positives de la situation pour l’Europe.

Alors que le gouvernement français tente de minimiser l’impact de la crise en France, l’économiste, Eric Chaney, chef économiste pour l’Europe de la banque Morgan Stanley, envisage dans un entretien accordé à EURACTIV.fr les conséquences positives de la situation pour l’Europe.

Comment analysez-vous la crise que vit en ce moment l’économie mondiale?

Il y a un risque terrible pour les marchés mondiaux. En effet, l’administration américaine n’a rien fait pour la gestion du risque, et les élections américaines approchant, le Congrès ne va pas tarder à fermer. Il faut attendre que la prochaine administration agisse en renflouant directement le secteur immobilier, en y injectant près de 2000 milliards de dollars.

Comment peuvent réagir les autorités bancaires?

Dans les prochains jours ou les prochaines semaines, toutes les banques centrales seront obligées de baisser leurs taux, y compris la Banque centrale européenne (BCE). Peut-être  prendront-elles une décision de manière coordonnée.

Êtes-vous pessimiste pour l’avenir de l’Europe dans le secteur économique?

Non. Car la crise provoque elle-même les conditions de la reprise. On voit déjà le prix des produits globaux et celui des actifs baisser, ainsi que le prix du baril. A moyen terme, c’est-à-dire au-delà de 18 mois ou deux ans, cette crise peut même être une formidable opportunité pour l’Europe. Il faut penser au prochain cycle.

Comment l’Europe peut-elle tirer son épingle du jeu?

L’Europe a des bons atouts. Parmi eux, il y a la décarbonisation. Si le pétrole ne redescend pas sous la barre des 70 dollars, beaucoup de technologies concernant par exemple la captation du CO2 deviendront rentables. On parle souvent de la concurrence de la Chine, mais tout ce qui est à la pointe de la technologie n’est pas dans l’intérêt des Chinois. Le retour sur investissement est très faible, pour eux. Il leur revient bien moins cher d’acheter ces technologies. Bref, l’Europe a des avantages qu’elle n’avait pas lors du précédent cycle.