Eric Besson lance un comité pour les métaux stratégiques
Le ministre de l’industrie a créé un comité afin d’identifier les besoins des industriels français et sécuriser les approvisionnements de ces substances.
Le ministre de l’industrie a créé un comité afin d’identifier les besoins des industriels français et sécuriser les approvisionnements de ces substances.
Les métaux stratégiques sont présents dans la plupart des produits de hautes technologies, telles que les éoliennes, les écrans plats, ou les véhicules électriques. La sécurité de leur approvisionnement est essentielle pour permettre à l’Europe, et notamment la France, de continuer à produire et exporter ses technologies. « Une rupture d’approvisionnement peut avoir un impact sur toute la chaîne de production », a averti le ministre lors d’une conférence de presse.
Le 30 mars, Eric Besson a donc lancé le comité pour les métaux stratégiques (Comes). Il est composé de différents ministères, des établissements publics concernés (Ademe, BRGM), des fédérations professionnelles compétentes et des entreprises comme Areva, Rhodia ou Eramet.
« L’objectif est de mettre en place une grande stratégie pour les matières premières, associant connaissance économique, politique minière, politique industrielle et politique internationale », a-t-il expliqué.
Examiner les besoins
Le lancement du Comes a permis d’entamer la réflexion sur les besoins en métaux rares des industriels. Le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) s’est proposé de mettre à disposition des membres du Comes ses études déjà réalisées sur le sujet. D’autres recherches seront effectuées sur des matières choisies en concertation avec les industriels.
Les fédérations industrielles devront également s’investir en élaborant un « réseau de correspondants » chargés d’aider à identifier les métaux rares indispensables à l’industrie française.
Prospection minière
« La prospection minière est un levier essentiel du plan d’actions pour les métaux stratégiques », a souligné Eric Besson.
L’institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a annoncé son intention de lancer une autre campagne de prospection minière, à la suite de celle effectuée l’été dernier au large de Wallis et Futuna.
Eramet et Areva ont également déclaré qu’elles renforceraient leur politique de prospection minière, notamment grâce aux coopérations avec le BRGM. Ce dernier entame une réévaluation de l’inventaire minier afin de mieux cerner les ressources disponibles sur le territoire français.
La recherche et l’innovation
La sécurité de l’approvisionnement passe également par la recherche et l’innovation. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a notamment présenté une étude sur les possibilités de développement du recyclage pour 35 métaux stratégiques.
Selon Eric Besson, la recherche devra s’atteler à l’utilisation efficace des ressources, à la substitution de l’utilisation de ces métaux ou encore à l’élaboration de technologies vertes.
Un projet franco-français
Cependant, la dimension européenne de la sécurisation des approvisionnements en métaux stratégiques ne semble pas faire partie des axes de travail du comité.
Le ministre de l’Industrie a bien salué la communication de la Commission européenne sur les matières premières, qui « participe d’une prise de conscience bienvenue pour ce qui concerne les métaux stratégiques ». Tout comme il a appelé à ce qu’elle « redouble d’efforts pour mettre en place une politique favorisant l’accès libre, transparent, et ouvert, aux matières premières ».
Mais, au-delà de la mobilisation de l’outil diplomatique européen, qui donne aux États membres « les possibilités de faire valoir leurs intérêts », rien ne prédestine ce comité à élaborer une stratégie commune avec d’autres États membres de l’Union.