Environnement : Nicolas Sarkozy veut faire de la France un leader en Europe
L’Europe était au cœur des conclusions du Grenelle de l’environnement rendues publiques hier par Nicolas Sarkozy. S’exprimant à la suite du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président français a notamment détaillé les positions de son pays sur la lutte contre le changement climatique.
L’Europe était au cœur des conclusions du Grenelle de l’environnement rendues publiques hier par Nicolas Sarkozy. S’exprimant à la suite du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président français a notamment détaillé les positions de son pays sur la lutte contre le changement climatique.
En bref :
« La France et l’Union européenne travaillent en tandem pour lutter contre le changement climatique », s’est félicité le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, invité par Nicolas Sarkozy à participer aux conclusions du Grenelle de l’environnement, jeudi 25 octobre.
La lutte contre le changement climatique doit être « un projet mobilisateur commun », a insisté M. Barroso, qui a rappelé l’engagement précurseur de l’Union européenne en la matière.
Le président de la Commission a par ailleurs confirmé que le paquet de mesures sur l’énergie et le climat, qui devait être présenté en décembre, ne le serait finalement qu’au mois de janvier. (Lire EURACTIV 25/10/07).
Les propositions attendues auront pour but de :
- Renforcer le marché des quotas d’émissions
- Augmenter l’efficacité énergétique de tous les secteurs économiques
- Encourager le développement des énergies renouvelables et accroître la part de ces énergies dans la consommation des États membres
- Favoriser la captation du CO2
- Contrôler les émissions de gaz à effet de serre (GES) que pourront émettre les États membres
Le président de la Commission a précisé que la spécificité de chaque État membre serait prise en compte. Un point essentiel pour la France, qui revendiquait jusqu’à présent le fort développement du nucléaire, énergie faiblement carbonée, pour moins investir dans les renouvelables.
Reconnaissant les bons résultats de la France dans le domaine des émissions de GES, M. Barroso a tout de même souligné que le pays disposait « d’un large potentiel de développement dans les énergies renouvelables, notamment en ce qui concerne le vent, le soleil, et la biomasse ».
Lancer un plan d’action sur les renouvelables
Prenant la parole après le président de la Commission européenne et le prix Nobel de la paix, l’Américain Al Gore, le président de la République a répondu à M. Barroso sur l’avenir du mix énergétique français.
Aimant à rappeler que la France est le deuxième pays producteur d’énergies renouvelables en Europe et émet 21% de GES en moins par rapport à ses partenaires européens, le président français a annoncé sa volonté de lancer un grand plan d’action sur les énergies renouvelables. Il a également indiqué vouloir faire du pays « un leader des énergies renouvelables en allant au-delà de l’objectif européen de 20% dans la consommation d’ici 2020 ».
Dans le même temps, il a fixé à la France un objectif de 95% d’énergie d’origine électrique sans carbone d’ici 2020. Un objectif impensable sans le développement du nucléaire. « Nous n’avons pas d’autre choix, sauf à renoncer à la croissance, que de développer l’énergie nucléaire », a indiqué Nicolas Sarkozy. « C’est à mes yeux le seul objectif pertinent pour lutter contre les défis climatiques ».
Taxer les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto
Se tournant à nouveau vers le président de la Commission européenne, Nicolas Sarkozy a souligné la nécessité, selon lui, d’étudier au niveau européen, dans les six mois à venir, la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. « Nous avons imposé des normes environnementales à nos producteurs. Il n’est pas normal que leurs concurrents puissent en être totalement exemptés », a affirmé le président de la République. Les Européens sont divisés sur ce dossier.
Si le commissaire au commerce, Peter Mandelson, est, par exemple, favorable à la suppression des droits de douane pour les produits écologiques afin que ceux-ci puissent mieux circuler dans tous les pays, Günter Verheugen, commissaire européen à l’entreprise et à l’industrie, estime lui nécessaire, à l’instar du président français, de taxer les pays qui ne respectent pas Kyoto.
Au sujet de la lutte contre le changement climatique, le président français souhaite que l’UE parvienne « à définir une politique sous la Présidence française au plus tard ».
« La France sera dorénavant à la tête de la politique environnementale européenne », a martelé Nicolas Sarkozy.
Il s’est également prononcé en faveur d’un renforcement du marché des quotas de CO2, soutenant l’idée de quotas par secteur « afin d’éviter les luttes d’influence », et de droits à polluer « fixés aux enchères ».
Pour une agriculture durable
Parmi les nombreux sujets abordés, le président français a souligné qu’il souhaitait développer une agriculture plus durable. « Ce message, je le porterai dès le début de la Présidence française de l’Union européenne, à l’occasion d’un grand débat d’orientation sur les principes fondateurs de la politique agricole commune de 2013 », a précisé Nicolas Sarkozy. Il avait déjà indiqué son intention d’entamer la réflexion sur la PAC dès 2008. (Lire EURACTIV 12/09/07)