Entretien : Obama pourrait renforcer le protectionnisme aux Etats-Unis [FR]

Les Européens, pris dans « l’Obamania » ambiante, ont tendance à négliger le fait qu’un président démocrate soumis à la pression d’un Congrès à majorité démocrate pourrait constituer un partenaire moins accommodant pour élaborer un agenda commun sur des questions comme le commerce. C’est l’avertissement formulé par François Lafond, du German Marshall Fund, au premier jour de la tournée européenne du candidat à la présidentielle américaine.

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Les Européens, pris dans « l’Obamania » ambiante, ont tendance à négliger le fait qu’un président démocrate soumis à la pression d’un Congrès à majorité démocrate pourrait constituer un partenaire moins accommodant pour élaborer un agenda commun sur des questions comme le commerce. C’est l’avertissement formulé par François Lafond, du German Marshall Fund, au premier jour de la tournée européenne du candidat à la présidentielle américaine.

S’adressant à EURACTIV, M. Lafond a averti que les dirigeants européens ne devaient pas s’attendre à ce que leurs problèmes disparaissent si Obama devait remporter la présidentielle en novembre.

« Pour le moment, Obama semble avoir du succès, mais l’opinion publique changera quand il sera devenu président et qu’il suivra des politiques qui ne plaisent pas aux Européens », a-t-il fait remarquer. 

Selon M. Lafond, il faudra être tout particulièrement prudent concernant la question du libre échange. L’UE et les Etats-Unis s’efforcent actuellement d’aboutir à un nouvel accord commercial international dans les négociations avec les pays en développement à l’OMC. Les pourparlers de cette semaine sont considérés comme la dernière chance d’y parvenir avant le changement d’administration américaine au début de l’année prochaine.

« Les chances sont assez minces. Je pense qu’il n’y aura pas de nouvel accord d’ici la fin de la semaine, et les négociations seront beaucoup plus difficiles par la suite face au Congrès qui est réfractaire à davantage d’ouverture », a déclaré M. Lafond.

En revanche, des progrès pourraient être réalisés dans le domaine de l’environnement, en particulier pour trouver un terrain d’entente favorable à des engagements clairs dans la lutte contre le changement climatique, a-t-il affirmé.

« On constate clairement que les deux candidats sont engagés à aller dans la même direction que les pays européens. Au cours des deux dernières années, l’administration Bush a déjà reconnu que l’homme est à l’origine du changement climatique. Le seul fait de l’admettre marque déjà une évolution. On peut donc espérer que la nouvelle administration tentera de parvenir à une entente ». 

Quel que soit le vainqueur en novembre, il sera également plus favorable à une approche multilatérale de la politique étrangère que le gouvernement actuel de George W. Bush, estime M. Lafond. Mais en échange, pour que les Etats-Unis soient plus à l’écoute de leurs partenaires européens, les gouvernements de l’UE pourraient eux aussi devoir montrer un engagement plus conséquent sur la scène internationale, par exemple en déployant des troupes en Afghanistan, comme l’a déjà suggéré Obama, affirme M. Lafond.

M. Lafond s’est néanmoins avoué sceptique face à cette perspective. « Des élections auront lieu en Allemagne, et je ne suis pas certain que le gouvernement de coalition sera capable de déployer plus de troupes. La situation est la même pour le président français, qui a déjà envoyé 1 000 hommes en renfort cette année […] M. Berlusconi doit également compter avec un budget très limité. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Gordon Brown se heurte à une opinion publique de plus en plus critique ».

D’un point de vue général, les perspectives de M. Lafond pour les relations transatlantiques sont très positives : « Nous pouvons clore le chapitre actuel des relations transatlantiques. L’histoire sera différente quel que soit le nouveau président ».

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