Entretien : les soins de santé transfrontaliers et la sécurité domineront l’agenda de l’UE en matièr
Lutter contre les menaces sanitaires, comme la grippe aviaire, et garantir un accès sûr, efficace et équitable aux soins de santé transfrontaliers sont les principales priorités de l’agenda politique de l’UE en matière de santé publique dans les années à venir. Le directeur général de la direction chargée de la Santé publique de la Commission, Andrzej Ry?, s’explique dans un entretien à EURACTIV.com.
Lutter contre les menaces sanitaires, comme la grippe aviaire, et garantir un accès sûr, efficace et équitable aux soins de santé transfrontaliers sont les principales priorités de l’agenda politique de l’UE en matière de santé publique dans les années à venir. Le directeur général de la direction chargée de la Santé publique de la Commission, Andrzej Ry?, s’explique dans un entretien à EURACTIV.com.
Interrogé sur la façon dont il envisage les principales questions européennes concernant la politique sanitaire dans les années à venir, M. Ry? a prévu qu’il y aura « d’importants développements dans le mécanisme de mise en oeuvre de la stratégie européenne de santé », notamment grâce au rôle croissant de l’UE. Il prévoit en particulier l’instauration d’un groupe spécifique composé de représentants la Commission et du Conseil afin d’élaborer la stratégie et d’assurer sa cohérence générale avec les vrais problèmes de santé auxquels sont confrontés les Etats membres.
Il a également déclaré que la Commission lancera des débats sur les questions de sécurité sanitaire et la manière de structurer l’action de l’UE dans ce domaine pendant la prochaine présidence française. L’exécutif de l’UE prévoit de présenter un paquet spécifique sur la sécurité sanitaire qui préviendrait les menaces, comme la grippe aviaire, et peut être également celles liées au changement climatique, comme les vagues de chaleur, les inondations et les nouvelles maladies. D’après l’OMS, les menaces liées à la sécurité sanitaire sont définies comme étant celles qui mettent en danger l’existence même de certains pays et économies et, en tant que telles, sont habituellement traitées dans le cadre de plans de sécurité nationaux – accompagnés d’une réponse militaire correspondante – plutôt que dans le cadre de plans sanitaires nationaux.
La proposition de soins de santé transfrontaliers, attendue depuis longtemps, sera enfin débattue par le Collège des commissaires le 25 juin 2008 dans le cadre du paquet sur l’agenda social qui doit être adopté ce jour-là. De plus, la Commission espère que la proposition fournira un cadre juridique pour la mise en œuvre des règles de la Cour de justice européenne relatives à l’accès transfrontalier aux soins « afin d’assurer que la santé en ligne ou les services de télémédecine puissent être transmis d’un pays à l’autre de façon sûre et efficace ».
A la question de savoir pourquoi cette proposition hautement controversée sera présentée dans le cadre du paquet sur l’agenda social et non de manière indépendante, M. Ry? a déclaré « il y a des problèmes particuliers avec un accès aux soins de santé transfrontaliers sûr, efficace et équitable que nous essayons de résoudre, et bien sûr, l’accès à ces soins est également une question sociale importante ».
Quant aux défis posés par le vieillissement de la population, M. Ry? a déclaré que la Commission peut aider les Etats membres en fixant une objectif européen clair visant à « permettre aux personnes âgées de vivre aussi indépendamment que possible et aussi longtemps que possible », en soulignant les questions qu’ils doivent aborder pour que ce soit possible. « Par exemple, dans de nombreux pays, d’un point de vue juridique, les médecins ne sont pas habilités à faire un diagnostic ou de proposer un traitement à distance. C’est un point qui doit d’être abordé – peut-être par la législation européenne », a-t-il ajouté.