Entretien : les Néerlandais ne reculent pas sur la libéralisation de la poste [FR]

En s’adressant à EURACTIV, le secrétaire d’Etat néerlandais aux Affaires économiques, Frank Heemskerk, a rejeté les allégations selon lesquelles son pays « fait machine arrière » sur la libéralisation de son marché postal. Il affirme qu’il était engagé à lutter pour des conditions égales pour tous en Europe..

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En s’adressant à EURACTIV, le secrétaire d’Etat néerlandais aux Affaires économiques, Frank Heemskerk, a rejeté les allégations selon lesquelles son pays « fait machine arrière » sur la libéralisation de son marché postal. Il affirme qu’il était engagé à lutter pour des conditions égales pour tous en Europe..

Suite aux avertissements des commissaires européens au Marché intérieur et à la Concurrence la semaine dernière qui ont affirmé qu’il n’hésiteraient pas à lancer des procédure en manquement contre les Etats membres qui reviennent sur leurs promesses de libéraliser entièrement leurs marchés postaux, M. Heemskerk a insisté : « nous ne faisons pas machine arrière, c’est pourquoi je ne me sens pas visé ».

D’après lui, la libéralisation complète du marché postal néerlandais – prévue à l’origine pour le 1er janvier 2008 mais reportée à causes d’objections du pays concernant l’introduction d’un salaire horaire minimum pour les facteurs en Allemagne – ne peut tout simplement pas avoir lieu tant que trois conditions ne seront pas remplies.

« La première condition est une condition formelle : le Sénat néerlandais n’a pas encore approuvée la loi sur la poste, par conséquent elle ne peut pas encore être introduite », a-t-il déclaré.

Les deux autres critères comprennent « des conditions égales pour tous en Europe, en particulier dans les marchés importants comme l’Allemagne et le Royaume-Uni » et des conditions de travail « équitables ».

En Allemagne, « le marché postal pourrait être formellement ouvert, mais en pratique, ce n’est pas le cas», a-t-il affirmé, appelant le gouvernement allemand à « ne pas adopter une approche protectionniste mais à ouvrir son marché aux nouveaux entrants ».

Quant à savoir s’il est contradictoire de s’opposer à l’introduction d’un salaire minimum en Allemagne tout en cherchant, parallèlement, à appliquer une pratique similaire aux Pays-Bas, le ministre a déclaré que la situation était « totalement différente ».

« La question est : quel est le niveau du salaire minimum et comment vous l’introduisez », a-t-il expliqué, ajoutant « le salaire minimum aux Pays-Bas, par exemple, est beaucoup, beaucoup plus faible que les salaires actuellement proposés par TNT », le principal opérateur postal néerlandais.

Cependant, « il y a des signes indiquant que les nouveaux entrants payent des salaires inférieurs au salaire minimum et c’est illégal. C’est pourquoi je veux être certain à 100% qu’ils n’appliquent pas des salaires inférieurs au salaire minimum », a-t-il expliqué. Il a appelé les syndicats et les employeurs à trouver un accord sur « un modèle de croissance progressif » dans lequel les nouveaux entrants améliorent les salaires qu’ils payent dans la mesure où le marché est libéralisé et qu’ils augmentent leurs parts de marché.

Tout admettant que l’ouverture du marché à la concurrence pourrait compliquer davantage la tâche des gouvernements d’offrir un service universel à tous leurs citoyens, il a minimisé la question dans son pays à forte densité de population, où l’obligation de service universel est considérée comme « trop lucrative » plutôt que comme une charge.

« C’est aux Etats membres de déterminer la façon dont ils veulent mettre en pratique le service universel. Dans la mesure où ce n’est pas un obstacle à l’entrée de nouveaux arrivants sur le marché, nous sommes favorables à ce type de mesures de soutien », a-t-il conclu.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.