Entretien : « les limbes institutionnelles » devraient assombrir les élections 2009 [FR]

Les « limbes institutionnelles » entourant le traité de Lisbonne pourrait mener à un « regain d’euroscepticisme à travers l’Europe » au cours des élections européennes de l’année prochaine. C’est ce qu’a indiqué Cecilia Malmström, ministre suédoise des Affaires européennes, dans un entretien à EURACTIV.

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Les « limbes institutionnelles » entourant le traité de Lisbonne pourrait mener à un « regain d’euroscepticisme à travers l’Europe » au cours des élections européennes de l’année prochaine. C’est ce qu’a indiqué Cecilia Malmström, ministre suédoise des Affaires européennes, dans un entretien à EURACTIV.

La Suède succèdera à la République tchèque à la présidence de l’UE en juin prochain. Le pays devra faire face aux conséquences des élections et aider l’Irlande à trouver une solution au dilemme du traité de Lisbonne. 

Dans l’entretien à EURACTIV, Mme Malmström a affirmé qu’il serait « dommage que les élections n’aient pas lieu selon le nouveau traité de Lisbonne. Premièrement parce que la Suède perd deux sièges avec le traité de Nice, mais surtout parce que les candidats en lice pour le Parlement européen devraient connaître les circonstances dans lesquelles ils devront travailler. Etant donné la situation actuelle, ils seront plongés dans des « limbes institutionnelles », ce qui est injuste à leur égard ».

L’ancienne eurodéputée a indiqué que la Suède est prête à travailler dans ces limbes : elle élaborera un plan d’urgence en cas de ratification du traité de Lisbonne si l’Irlande organise un second référendum en automne 2009, ce qui semble possible. « Nous avons prévu que le traité de Nice sera en vigueur lors de notre présidence, mais nous avons également envisagé un changement en cours de route. Nous avons prévu les deux scénarios », a-t-elle expliqué. 

Tout en saluant l’actuelle présidence française pour son succès et son expérience dans la gestion de la crise financière internationale et du conflit en Géorgie, Mme Malmström a écarté les suggestions selon lesquelles un petit pays comme la Suède pourrait avoir du mal à faire face à de telles crises imprévues. Prenant en exemple la gestion de la crise libanaise par la présidence finlandaise, elle a indiqué que la Suède se préparerait « à l’imprévu » tout en mettant en place une organisation de crise mobilisable rapidement.

Toutefois, la ministre suédoise des Affaires européennes a signalé l’opposition claire de son pays aux ambitions françaises de propulser le président Sarkozy au poste de leader de la zone euro. « Nous ne devrions pas construire de nouvelles institutions qui divisent l’Europe : en ce moment, il nous faut être unis, pas divisés », a-t-elle affirmé.

Pour conclure, Mme Malmström a fait part de son espoir quant à la tenue au cours des prochaines années d’un nouveau référendum en Suède en vue de rejoindre la zone euro. Cependant, elle a reconnu l’existence d’un accord au sein de la coalition au pouvoir en Suède, qui a décidé de ne pas soulever cette question avant la fin de son mandat actuel en 2010.

« Nous ferons campagne pour l’euro lors des élections européennes. Non que le Parlement exerce une quelconque influence sur le choix de la Suède, mais parce qu’il s’agit d’une bonne manière d’aborder des visions européennes », a-t-elle déclaré.

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