Entretien : Le proche conseiller de N. Sarkozy annonce des jours difficiles pour la Turquie [FR]

Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV.fr, le député européen Alain Lamassoure soutient que N. Sarkozy, le président français récemment élu, respectera ses engagements pré-électoraux en s'opposant à l'adhésion de la Turquie. Il présente également les priorités de la prochaine présidence française de l'UE de 2008.

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Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV.fr, le député européen Alain Lamassoure soutient que N. Sarkozy, le président français récemment élu, respectera ses engagements pré-électoraux en s’opposant à l’adhésion de la Turquie. Il présente également les priorités de la prochaine présidence française de l’UE de 2008.

Alain Lamassoure a confié EURACTIV.fr : « Nicolas Sarkozy a fait de la relance de l’Europe l’un de ses objectifs prioritaires », soulignant : « Depuis six mois, il travaille avec nos partenaires européens sur la relance institutionnelle de l’UE ». 

Sur la question constitutionnelle, A. Lamassoure fait état de la volonté de N. Sarkozy de parvenir à un compromis : « La France a mis l’Europe en crise en rejetant le Traité constitutionnel. Nicolas Sarkozy respecte le choix des Français, mais considère que notre pays a le devoir de proposer à ses partenaires une contribution pour sortir l’Europe de cette crise ».

« En outre, il ne pense pas l’Europe en terme franco-français. Ses propositions se situent à la fois dans le calendrier, dans la méthode, et dans l’esprit choisi par le Conseil européen sur les propositions de Madame Merkel ». 

Cependant, concernant la Turquie, N. Sarkozy se montre inflexible : « L’adhésion d’un nouvel Etat membre se décide à l’unanimité. La France sera donc tout à fait en mesure de s’opposer à l’adhésion totale de la Turquie à l’UE si elle le souhaite. L’Europe politique est réservée aux pays européens. Ce n’est pas le cas de la Turquie, qui se situe en Asie mineure. Elle n’a donc pas vocation à entrer dans l’Union. 

Selon A. Lamassoure, le processus de négociation d’adhésion engagé avec la Turquie constitue donc une erreur majeure. « Les dirigeants européens ont pris, en 1999, des engagements qu’ils sont aujourd’hui incapables de tenir. Ils n’ont, à l’époque, consulté personne : ni leurs parlements, ni leurs gouvernements, ni leurs opinions publiques et découvrent aujourd’hui à quel point les Européens ne sont pas favorables à cette idée. Cette hostilité s’est manifestée en France et aux Pays-Bas lors du débat référendaire et constitue la seule raison commune au rejet du texte dans les deux pays. La lecture de la presse et l’observation des débats parlementaires montrent que l’état d’esprit est le même en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Slovénie, en Grèce, à Chypre, au Danemark et en Irlande ». 

« Nicolas Sarkozy a annoncé pendant la campagne qu’il romprait les négociations avec la Turquie s’il était élu. Il le fera ».

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