Entretien : la Russie est « avantagée » dans les négociations sur le pacte avec l’UE [FR]
En étant capable de parler d’une seule voix, la Russie a un avantage sur l’UE. C’est ce qu’explique Eneko Landaburu, négociateur en chef de la Commission pour le futur traité de partenariat stratégique entre l’Union et son plus grand voisin, dans un entretien à EURACTIV.
En étant capable de parler d’une seule voix, la Russie a un avantage sur l’UE. C’est ce qu’explique Eneko Landaburu, négociateur en chef de la Commission pour le futur traité de partenariat stratégique entre l’Union et son plus grand voisin, dans un entretien à EURACTIV.
Le diplomate européen a déclaré que les relations avec Moscou sont « toujours marquées par un manque de confiance » et que les attitudes sont « assez dures », parfois de la part de l’UE ou de ses Etats membres mais également de la Russie.
Le sommet qui doit se dérouler dans la ville de Hanti-Mansiisk en Sibérie les 26 et 27 juin, devrait donner le feu vert aux négociations sur un nouveau traité bilatéral entre l’UE et la Russie, remplaçant un accord de partenariat et de coopération (APC) dépassé, datant de 1997. Concernant la future coopération avec son homologue russe, l’ambassadeur Vladimir Chizhov, M. Landaburu espère qu’il serait possible d’accomplir de nombreuses choses sur la base de l’égalité entre les peuples.
Interrogé sur le fait de savoir si l’égalité est possible dans un contexte dans lequel Moscou parle d’une seule voix alors que l’Union parle avec 27 Etats membres, M. Landaburu a répondu : « De ce point de vue, [les Russes] ont un avantage, indubitablement. Pour être franc, je préfèrerais être à la place de M. Chizhov ».
M. Landaburu pense que la diversité et la supériorité de l’Union en termes économiques ainsi que la taille de sa population ont du poids, en insistant sur le fait qu’il ne se sent pas en position d’infériorité de quelque manière que ce soit.
M. Landaburu a reconnu que la déclaration d’indépendance du Kosovo et sa reconnaissance par la suite par une majorité de pays européens avait eu des répercussions négatives sur le climat des relations de l’Union avec Moscou. Il a déclaré que la Russie n’avait pas accepté les arguments de l’UE concernant la nature particulière du cas du Kosovo et, par conséquent, la nécessité d’avoir un « traitement particulier pour ce territoire ». Mais il s’est montré positif sur le fait que l’Union et la Russie discutent actuellement de la question du Kosovo dans le cadre des structures du dialogue.
Le représentant de la Commission envisage une approche russe différente en ce qui concerne les ambitions ukrainiennes relatives à une adhésion à l’UE et à l’OTAN. Le Russie s’est vigoureusement opposée à l’ambition de Kiev visant à améliorer ses relations avec l’Alliance de l’Atlantique Nord lors du sommet de Bucarest en avril, mais pour les ambitions ukrainiennes d’adhésion à l’UE, l’attitude de Moscou n’est « pas la même », a-t-il déclaré.
M. Landaburu ne pense pas que de nouvelles initiatives régionales – concernant la Méditerranée, lancée par le président français Nicolas Sarkozy et la dimension orientale, lancée par la Pologne et la Suède – nuisent aux politiques de la Commission avec ses voisins européens. « Une politique peut toujours être améliorée si si elle est bonne », estime-t-il, plaçant les nouvelles initiatives dans la perspective d’une politique européenne de voisinage améliorée. Il a également fait allusion au fait que l’initiative de M. Sarkozy ait déjà commencé à avancer dans la direction de la politique menée par la Commission.