Entretien : "La recherche paneuropéenne reste un rêve lointain" [FR]
Lors d'un entretien avec EURACTIV, Bertil Andersson, directeur sortant de la Fondation européenne de la science, a déclaré : "Jusqu'ici, l'Espace européen de la recherche (EER) reste un concept, nous ne l'avons pas réalisé. Le principal obstacle à un 'véritable EER' est philosophique : nous pensons toujours en termes 'nationaux'".
Lors d’un entretien avec EURACTIV, Bertil Andersson, directeur sortant de la Fondation européenne de la science, a déclaré : « Jusqu’ici, l’Espace européen de la recherche (EER) reste un concept, nous ne l’avons pas réalisé. Le principal obstacle à un ‘véritable EER’ est philosophique : nous pensons toujours en termes ‘nationaux' ».
Selon Professeur Bertil Anderson, qui quittera l’Europe pour l’Asie dans trois semaines afin d’assumer son nouveau rôle de directeur de l’Université technique de Singapour (NTU), « la recherche européenne reste très fragmentée et l’EER est actuellement plus un concept qu’une réalité. Seule une petite partie du montant total destiné à la recherche européenne, environ 5-10%, est paneuropéenne, le reste est national ».
B. Andersson a précisé : « Il existe un obstacle philosophique à la recherche paneuropéenne : nous pensons toujours en termes « nationaux », même dans les petits pays », ajoutant que la création de connaissance, cependant, ne pouvait jamais se faire au niveau national.
B. Andersson a déclaré : « La recherche paneuropéenne, menée soit par des systèmes paneuropéens comme la Fondation européenne de la science ( ESF), soit par la Commission européenne, n’a vraiment d’importance que pour les pays les plus petits », sous-entendant que « les quatre grands », à savoir le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie, n’ont pas vraiment besoin de la recherche paneuropéenne, considérant qu’ils peuvent déjà rivaliser avec des pays tiers.
Le professeur Bertil Anderson salue l’initiative du commissaire pour la science et la recherche, Janez Poto?nik, visant à lancer une révision de l’EER au cours du printemps 2007 : « Investir dans des projets trop sûrs constitue une limite aux actuels programmes-cadres européens. Je souhaiterais que le nouvel EER trouve une formule permettant une prise de risque plus importante dans le financement de la recherche ».
B. Andersson explique que « le système américain sait comment financer des projets nouveaux et risqués et c’est l’une des raisons pour laquelle les Américains obtiennent plus de Prix Nobel ». Selon lui, le Prix Nobel porte sur la découverte et un certain niveau de risque dans le financement de la recherche s’impose; or, « les systèmes de financement européens n’encouragent pas la prise de risque ».
Il a ajouté : « Financer des projets à risque revient également à accepter la possibilité que les scientifiques échouent ». Selon lui, les scientifiques ont le « droit à l’échec » aux Etats-Unis mais pas en Europe.
B. Andersson a également précisé que les programmes-cadres avaient peut-être joué un rôle clé dans la création d’une pensée européenne et de projets communs ainsi que dans l’établissement de partenariats privé-public, mais il est difficile de déterminer s’ils ont été rentables.
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