Entretien : la Biélorussie a besoin d’une aide intelligente de la part de l’UE [FR]
La Biélorussie a besoin de l’aide de l’UE associée à des conditions politiques pour une réforme politique. Sinon le pays va finir dans les bras de la Russie, a déclaré le leader de l’opposition biélorusse Alexander Milinkevich dans un entretien à EURACTIV République tchèque.
La Biélorussie a besoin de l’aide de l’UE associée à des conditions politiques pour une réforme politique. Sinon le pays va finir dans les bras de la Russie, a déclaré le leader de l’opposition biélorusse Alexander Milinkevich dans un entretien à EURACTIV République tchèque.
Le président biélorusse Alexander Loukachenko a récemment revu ses positions par rapport à l’adhésion à la Fédération de Russie. C’est ce qu’affirme M. Milinkevich, qui indique que le soutien du Kremlin au régime biélorusse s’est affaibli en termes économiques, diplomatiques et politiques.
Selon M. Milinkevich, c’est depuis ce moment que M. Loukachenko a commencé à tourner son regard vers l’Occident, d’où la libération de prisonniers politiques et le consentement à ce que des candidats de l’opposition se présentent aux dernières élections parlementaires (EURACTIV 29/09/08).
« Pour nous, les réformes sont le seul moyen de préserver l’indépendance de la Biélorussie », estime M. Milinkevich, qui affirme que si M. Loukachenko a instauré des réformes, c’est uniquement pour rester au pouvoir. Du point de vue de l’opposition démocratique, l’objectif principal est de distancier la Biélorussie de la Russie. M. Milinkevich conseille à l’Occident d’associer son aide aux conditions politiques : « Le régime effectue actuellement des démarches en faveur de la réforme tout en se montrant craintif à leur égard ».
Encouragés par le fait que la Biélorussie n’a pas reconnu les régions géorgiennes séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, les ministres européens ont récemment invité pour la première fois le ministre biélorusse des Affaires étrangères à une réunion à Luxembourg. Ils ont en outre levé l’interdiction de déplacement du président Alexander Loukachenko et d’autres responsables politiques (EURACTIV 14/10/08).
Par rapport aux derniers événements, M. Milinkevich a indiqué que l’opposition « se réjouissait de ce début de dialogue », ajoutant que cette réunion – et celles qui suivront – avec les représentants du régime ne devraient se dérouler que si les prisonniers politiques de Biélorussie sont libérés.
M. Milinkevich a évalué que l’opposition représentait à peu près un tiers de l’électorat biélorusse. Reconnaissant que l’apathie était un grand ennemi de la société, il a toutefois indiqué que l’opposition ne disposait pas des aptitudes nécessaires pour persuader les gens de s’engager face au régime.
Le leader de l’opposition biélorusse a salué l’attitude de la République tchèque, qui a « toujours été très active pour résoudre les problèmes de la Biélorussie ». Il a d’ailleurs fait part de son optimisme quant à la prochaine présidence tchèque de l’UE. Selon lui, il faut féliciter Prague d’ajouter une dimension morale au processus de prise de décision de l’UE.
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