Entretien : l’objectif d’énergie renouvelable en Italie est irréalisable [FR]
Dans un entretien accordé à EURACTIV, Enzo Gatta, président de l’association italienne des entreprises d’électricité (Assoelettrica), explique que le faible potentiel, les coûts élevés et la bureaucratie excessive font obstacle aux efforts de l'Italie pour atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable.
Dans un entretien accordé à EURACTIV, Enzo Gatta, président de l’association italienne des entreprises d’électricité (Assoelettrica), explique que le faible potentiel, les coûts élevés et la bureaucratie excessive font obstacle aux efforts de l’Italie pour atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable.
L’objectif de l’Italie d’augmenter la part d’utilisation des énergies renouvelables de 17 % d’ici 2020, présenté dans la proposition de la Commission pour une directive relative aux énergies renouvelables, comme élément du paquet énergie et climat du 23 janvier, est « extrêmement ambitieux », a déclaré M. Gatta à EURACTIV.
D’ici 2020, « le potentiel maximum théorique de la production italienne de renouvelables s’élève à environ 21 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) », d’après les derniers chiffres réunis par le gouvernement italien, a-t-il expliqué.
Pourtant, la Commission souhaite que l’Italie produise 5 Mtep de plus que le chiffre annoncé, pour atteindre un total de 26 Mtep d’ici 2020.
M. Gatta cite plusieurs facteurs pour justifier qu’il est improbable d’atteindre cet objectif. Outre les limites du potentiel physique de l’Italie à stimuler les renouvelables, les procédures bureaucratiques très longues et le manque de responsabilité de la part des administrations locales, qui sont les seules autorités compétentes en matière d’énergie, sont également susceptibles de bloquer les progrès.
« Que cela soit faisable ou non », M. Gatta affirme qu’une augmentation massive des renouvelables « nécessitera en tous cas un effort financier plutôt important et provoquera probablement une hausse des prix de l’énergie ».
Cependant, accorder davantage de flexibilité au système d’échange de certificats d’énergie pourrait constituer une solution.
« L’échange est nécessaire, tant que les objectifs fixés au niveau européen restent hors d’atteinte avec les possibilités actuelles du développement des renouvelables. L’échange des certificats au sein d’un marché effectif est donc d’une importance considérable, notamment si l’échange virtuel est autorisé et étendu aux pays tiers », d’après M. Gatta, qui déplore que les propositions de la Commission sur l’échange de certificats d’énergie renouvelable « aient été revues à la baisse comparées aux versions précédentes, suite à un lobbying important de quelques pays ».