Entretien : il faut un débat télévisé pour choisir "M. Europe" [FR]

L'eurodéputé français Alain Lamassoure doit présenter une motion pour une résolution au Parlement appelant à soumettre les candidats à la future présidence permanente de l'UE à un interrogatoire télévisé serré. Ceux-ci devraient être interrogés par les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'UE, comme il l'a expliqué dans un entretien à EURACTIV.

Les électeurs français s’avèrent adeptes du zapping pour les élections présidentielles 2017
Les électeurs français s'avèrent adeptes du zapping pour les élections présidentielles 2017

L’eurodéputé français Alain Lamassoure doit présenter une motion pour une résolution au Parlement appelant à soumettre les candidats à la future présidence permanente de l’UE à un interrogatoire télévisé serré. Ceux-ci devraient être interrogés par les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’UE, comme il l’a expliqué dans un entretien à EURACTIV.

Alain Lamassoure, un ancien ministre délégué aux Affaires européennes aujourd’hui proche conseiller du président français Nicolas Sarkozy, a déclaré que les deux futures hautes fonctions européennes instaurées par le traité de Lisbonne devraient être attribuées à des personnes faisant partie du cercle habituel des grands hommes d’Etat.  

Ces hommes, affirme-t-il sont des personnes ayant déjà une grande expérience des postes à responsabilités majeures dans leur pays ainsi que l’expérience des institutions européennes, en particulier du Conseil européen des ministres.

Les deux nouveaux postes permanents doivent être créés dans le cadre du traité de Lisbonne : le président permanent du Conseil européen et le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune. Ces fonctions seront instaurées une fois que le traité sera ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres, y compris par un référendum crucial devant être organisé en Irlande le 12 juin.

Mais quel que soit le prochain président de l’UE, M. Lamassoure a déclaré qu’il ne s’attend pas à de grosses surprises. Il a également affirmé qu’il est opposé à la pratique consistant à distribuer les hauts postes européens à huis clos ou « par des coups de téléphone », comme c’est habituellement le cas lorsqu’il s’agit de choisir le président de la Commission européenne par exemple.

C’est pourquoi M. Lamassoure proposera un certain nombre de procédures dans son projet de résolution au Parlement :

  • Tout d’abord, les candidats devraient déclarer officiellement leur candidature, si le traité de Lisbonne est ratifié par tous les pays à temps, entre le 15 décembre 2008 et le 15 janvier 2009.
  • Les candidats mèneraient ensuite une campagne.
  • La dernière étape est de soumettre les candidats à un « interrogatoire » par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement en présence de caméras télévisées. Chaque candidat disposera ensuite de deux ou trois heures pour expliquer comment il voit sa fonction et quel type de relations il aurait avec les autres acteurs nationaux et européens.

Pour la fonction de nouveau président de la Commission européenne, M. Lamassoure envisage un type de débat différent. Tout d’abord, les groupes politiques devraient nommer leur candidat d’ici mars 2009, ensuite les journalistes devraient organiser des débats télévisés entre eux, qui ressembleraient davantage à ceux des responsables politiques nationaux avant les élections.

M. Lamassoure a déclaré qu’il n’avait pas vérifié la réaction du président français Nicolas Sarkozy à ses idées. Il a ajouté qu’il ne s’attendait pas à ce que les chefs d’Etat et de gouvernement soient attirés par l’idée, mais il compte bien mener son projet à bien avec l’aide des médias et de l’opinion publique.

L’eurodéputé français a déploré le fait que les personnes apportant d’importantes contributions aux Affaires européennes sont très peu connues par la moyenne des citoyens européens.

En citant José Manuel Barroso (président de la Commission) et Jean-Claude Juncker (Premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroupe), il a déclaré par exemple que ces personnalités sont très peu reconnues en France parce qu’ils n’apparaissent que très rarement à la télévision, malgré le fait qu’ils parlent tous un français remarquable.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici  (uniquement disponible en français).