Energies renouvelables : la France résiste aux tentatives de dernière minute [FR]
Le Royaume-Uni a rejoint l'Allemagne, la Commission européenne et d'autres Etats membres faisant pression pour rendre obligatoires les objectifs européens sur les énergies renouvelables, annonçant les enjeux du sommet de Printemps qui se tiendra à Bruxelles les 8 et 9 mars 2007.
Le Royaume-Uni a rejoint l’Allemagne, la Commission européenne et d’autres Etats membres faisant pression pour rendre obligatoires les objectifs européens sur les énergies renouvelables, annonçant les enjeux du sommet de Printemps qui se tiendra à Bruxelles les 8 et 9 mars 2007.
Une proposition de la Commission visant à faire passer obligatoirement à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation globale de l’Europe d’ici 2020 rencontre la résistance de la France, malgré les efforts de dernière minute de l’Allemagne et récemment, le spectaculaire volte-face du Royaume-Uni.
Le 1er mars, le porte-parole du premier ministre britannique Tony Blair a confirmé que leRoyaume-Uni soutiendrait la proposition lors du Sommet européen des 8 et 9 mars, une démarche qui va véritablement à l’encontre de celle du ministre de l’industrie, Alistair Darling.
Le porte-parole a indiqué : « Nous considérons devoir être ambitieux et par conséquent devoir soutenir la proposition fixant un objectif contraignant de 20% pour les énergies renouvelables dans l’UE. Il a ajouté que l’UE devait être ambitieuse pour pousser d’autres pays, notamment les Etats-Unis et la Chine, à entreprendre des actions pour lutter contre le changement climatique.
Au cours d’une réunion le 15 février 2007, les ministres de l’énergie ont apporté leur soutien à l’objectif de 20% tout en insistant pour que l’objectif reste flexible pour pouvoir « prendre en compte les circonstances nationales » (EURACTIV 16/02/07).
L’Allemagne, qui présidera le Sommet européen de mars, espère également faire des progrès dans le domaine des renouvelables dans le cadre de ses efforts sur la lutte contre le changement climatique, qui culmineront avec le sommet du G8, qu’elle accueillera dans la station balnéaire de la mer baltique (Heiligendamm) les 6 et 8 juin 2007. Le Danemark, la Suède, l’Espagne, la Slovénie et l’Italie sont tous preçus comme appartenant au camp des Etats en faveur d’un objectif contraignant pour l’UE.
Toutefois, la France, suivie de la Pologne et d’autres pays membres réticents, ont indiqué préférer préserver une part de flexibilité sur la question.
Le 28 février 2007, à la suite d’une rencontre entre les ambassadeurs européens, en amont du sommet européen, un représentant officiel français a déclaré : « Nous ne sommes pas favorables à des objectifs contraignants en matière d’énergie renouvable. Il revient à chaque Etat membre, en toute flexibilité et subsidiarité, de fixer son propre objectif. Notre position n’a pas changé ».
La France préfère que le sommet se limite à soutenir un objectif contraignant sur les gaz à effet de serre, objectif qui lui laisse suffisament de flexibilité pour pouvoir compter sur sa puissante industrie nucléaire, à faible intensité en carbone. Cependant, le président français, Jacques Chirac, pourrait également décider de se retirer en mai sur un grand geste, lors de son dernier sommet européen.