Energies renouvelables : la Commission veut un objectif pour 2030

La Commission européenne a pesé de tout son poids pour qu'un nouvel objectif revoyant à la hausse la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE soit adopté pour 2030.

WindEnergy_3.jpg
WindEnergy_3.jpg

La Commission européenne a pesé de tout son poids pour qu'un nouvel objectif revoyant à la hausse la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE soit adopté pour 2030.

La sécurité apportée aux investisseurs potentiels serait « plus importante que jamais », a affirmé Connie Hedegaard, commissaire européenne à l’action pour le climat, lors d’un discours à Bruxelles à propos du rapport sur les énergies renouvelables du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Connie Hedegaard s’est montrée favorable au récent appel du secteur des énergies renouvelables pour obtenir un objectif juridiquement contraignant de 45 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030, mais elle s’est gardée de le soutenir clairement.

« Nous examinerons les faits et nous discuterons du chiffre exact », a-t-elle dit. « Mais je dirais que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que cette question soit traitée dans la feuille de route de l’énergie qui sera publiée plus tard dans l’année pour 2050 ».

En mars, Günther Oettinger, commissaire à l’énergie, a confié à EURACTIV que dans ce document, la Commission proposerait un « objectif à long terme pour 2030, 2040 et 2050 et que l’objectif de la part d’énergies renouvelables serait revu à la hausse ».

S’exprimant dans un discours vidéo à la conférence, il a affirmé que Bruxelles devait se pencher sur l' objectif de la part d’énergies renouvelables pour 2030 si la croissance des énergies propres se poursuivait.

« Le secteur des énergies renouvelables a déjà demandé 45 % », a-t-il dit. « Notre tâche actuelle est de passer en revue toute la documentation et d’explorer les différentes pistes potentielles pour l’Union européenne ».

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a fait part de son opinion lors de la réunion en ces termes : « 2020 approche à grands pas et nous devons réfléchir à des étapes intermédiaires jusqu’en 2050 ».

« Nous ne devons pas seulement réfléchir, mais également agir », a-t-il ajouté.

Des objectifs contraignants

La feuille de route européenne visant à passer à une économie à faible intensité de carbone en 2050 dispose déjà d’un objectif de réductions de carbone de 40 % d’ici à 2030 et Connie Hedegaard a appelé les ministres européens à approuver cette « étape essentielle » lors du Conseil Environnement la semaine prochaine.

Elle a même laissé entendre qu’elle encouragerait la dimension contraignante de cet objectif.

« Je ne crois pas que ce soit une coïncidence que nous atteignions nos objectifs en ce qui concerne les objectifs contraignants [de 2020] mais [pas] les objectifs d’efficacité énergétique non contraignants. Cela montre à quel point les objectifs contraignants sont importants ».

Les associations d’énergies renouvelables demandent des objectifs fermes pour 2030 depuis longtemps, afin de prévoir les investissements et entraîner l’Europe dans une stratégie de limitation du réchauffement climatique à 2 °C, dans la mesure où un réchauffement plus important pourrait avoir des effets catastrophiques.

Leurs arguments pourraient être appuyés par une étude récente indiquant que les réductions de CO2 dans les pays développés n’ont été qu’une illusion achetée au prix d’une pollution effectuée ailleurs.

Arthur Nelsen

Article traduit de l'anglais par EURACTIV