Energie : le Parlement veut muscler la politique étrangère de l’UE
Le Parlement européen propose d’approfondir la politique énergétique étrangère commune afin de diminuer la dépendance de l’UE vis-à-vis de pays tiers tels que la Russie. Les députés souhaitent, entre autres, la mise en place d’un Haut Représentant qui serait chargé de défendre les intérêts communs de l’Union dans le domaine de l’énergie.
Le Parlement européen propose d’approfondir la politique énergétique étrangère commune afin de diminuer la dépendance de l’UE vis-à-vis de pays tiers tels que la Russie. Les députés souhaitent, entre autres, la mise en place d’un Haut Représentant qui serait chargé de défendre les intérêts communs de l’Union dans le domaine de l’énergie.
Contexte :
La requête du Parlement s’inscrit dans la lignée d’une longue série d’efforts visant à soutenir la politique étrangère de l’énergie de l’UE. L’objectif poursuivi est d’assurer la stabilité énergétique de l’Union et ainsi de protéger les géants européens de l’énergie d’éventuelles offres publiques d’acquisition (OPA) ou d’abus liés à des intérêts politiques, comme ceux de la Russie.
Un groupe spécial, formé en mai, a pour mission de contrôler la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Parmi les propositions formulées le 19 septembre afin de poursuivre l’intégration du marché européen de l’énergie, la Commission a, par ailleurs, introduit une clause de « réciprocité ». Elle souhaite ainsi rendre les relations avec les partenaires de l’UE plus stables et plus prévisibles.
La mise en œuvre d’une politique forte dans ce secteur est devenue une priorité de l’UE, notamment depuis le contentieux qui s’est développé, en janvier 2006, entre la Russie et l’Ukraine au sujet de l’approvisionnement en gaz.
25% de la fourniture en gaz de l’UE dépend aujourd’hui de la Russie, mais cette proportion risque d’augmenter dans les décennies à venir.
Enjeux :
Le rapport du député polonais, Jacek Saryusz-Wolski (PPE-DE), a été voté par une large majorité de députés.
Le rapprochement nécessaire des politiques énergétiques nationales
Ces derniers ont ainsi exprimé leur crainte quant à « la forte dépendance énergétique de l’UE de régimes autoritaires ». Selon eux, le nécessaire approvisionnement en énergie de l’UE auprès de pays tiers ne doit pas altérer les valeurs portées par l’Union. Cette recommandation a été largement perçue comme une allusion aux réserves de gaz russe et à la situation démocratique de ce pays.
Afin d’anticiper les crises d’approvisionnement comme celle survenue avec la Russie, les députés proposent la mise en place d’un « mécanisme de solidarité ». Cela permettrait en outre de renforcer la cohésion du territoire européen.
Il s’agirait en substance « d’élaborer des mesures concrètes, et de les inclure dans les traités, en vue d’établir une politique étrangère commune dans le domaine de l’énergie portant sur la sécurité de l’approvisionnement, le transit et les investissements liés à la sécurité énergétique ».
La Commission est ainsi chargée de préparer, avant la fin de l’année, « une feuille de route détaillée » précisant les objectifs et les moyens d’une telle politique commune.
La création d’un Haut représentant pour la politique étrangère de l’énergie
Les députés ont également proposé la création d’un poste de « Haut représentant pour la politique étrangère dans le domaine de l’énergie » chargé de défendre les intérêts communs de l’UE en matière énergétique. Nommé par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, il dépendrait du futur « Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et de l’un des vice-présidents de la Commission européenne ».
Ce poste ne serait effectivement crée qu’après l’entrée en vigueur du Traité réformant les institutions de l’Union, c’est-à-dire à partir de 2010.
Positions :
Le député européen polonais Saryusz-Wolski, qui a défendu ce rapport, espère qu’une « nouvelle politique commune en matière d’énergie déclenche une future intégration européenne, en donnant un nouvel élan et une nouvelle force à l’UE dans son rôle d’acteur mondial. »
Le député européen allemand Graf Alexander Lambsdorff considère quant à lui que ce rapport représente « une gifle » pour l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder qui, a selon lui, défendu des intérêts bilatéraux dans le secteur de l’énergie.