Energie : La sécurité des approvisionnements au cœur de la stratégie révisée de l’UE
Malgré la volonté de l’UE de bâtir une économie faible en carbone, la dépendance énergétique de l’UE devrait rester importante. C’est le principal constat de la seconde analyse stratégique de la Commission dont EURACTIV.com a obtenu une copie. Renforcer la sécurité des approvisionnements doit donc être le pivot de la stratégie énergétique de l’UE.
Malgré la volonté de l’UE de bâtir une économie faible en carbone, la dépendance énergétique de l’UE devrait rester importante. C’est le principal constat de la seconde analyse stratégique de la Commission dont EURACTIV.com a obtenu une copie. Renforcer la sécurité des approvisionnements doit donc être le pivot de la stratégie énergétique de l’UE.
Au sein des ONG, au Parlement européen et même chez les industriels, des voix s’élèvent pour promouvoir une utilisation plus rationnelle de l’énergie. La Présidence française en a fait l’une de ses priorités et le rapport rendu par l’ancien président de l’Agence internationale de l’énergie, Claude Mandil, au mois d’avril 2008, le mentionnait déjà. (EURACTIV.fr 23/04/08).
Mais contrairement à la réduction des émissions de CO2 et aux énergies renouvelables, l’objectif de 20% d’efficacité énergétique fixé par la Commission pour 2020 n’est pas contraignant. Or la stratégie énergétique révisée de la Commission n’inverse pas la tendance dans ce domaine. Aucune contrainte ni initiative législative majeure n’est proposée.
A la place, l’exécutif européen propose de mettre à jour le plan d’action de l’UE dans le domaine de l’efficacité énergétique, présenté en 2006. Une révision des directives clés existantes dans le domaine de la politique énergétique devrait également être proposée. Il s’agit notamment de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) et le système d’étiquetage énergétique.
Varier les énergies
Le deuxième chapitre du texte suggère le renforcement de la diversification de l’approvisionnement énergétique.
Selon le projet, 60% de la production d’électricité devrait être faiblement carbonée d’ici 2020. La révision envisage également que la part du nucléaire et des énergies renouvelables soit équivalente et prévoit une diminution de la contribution du gaz naturel et du charbon.
Le pétrole devrait toujours dominer le marché des transports en 2020, la part des voitures électriques ne progressant que petit à petit. Toutefois, la stratégie révisée ne prévoit aucune mesure plus concrète étant donnés les multiples facteurs susceptibles d’influencer le secteur.
La Commission exprime des préoccupations quant au manque de ressources humaines et d’investissements en matière d’infrastructures. Deux éléments pourtant essentiels pour opérer la transition vers une économie faiblement émettrice de CO2.
Le texte souligne en outre l’ampleur du défi à relever dans le domaine des infrastructures si l’UE veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixé en matière de lutte contre le changement climatique et d’intégration du marché européen de l’énergie. Pour atteindre ces objectifs, le texte précise que les bouquets énergétiques peuvent être très différents selon les pays membres de l’UE.
Selon la Commission, la diversification des sources d’énergie ne devrait pas nuire aux relations avec les pays fournisseurs d’énergie et les investisseurs des pays tiers.
Le marché européen de l’énergie reste attrayant et solvable, sa transparence et sa prévisibilité sont bonnes, estime la Commission. Quant aux incertitudes en matière de sécurité d’approvisionnement, elles peuvent être gérées au mieux grâce à un bon fonctionnement du marché énergétique intérieur soutenu par des mécanismes de crise appropriés, indique le texte.
La question des technologies propres
Les investissements européens dans les technologies propres ont diminué ces dernières décennies par rapport à ceux des États-Unis et des économies émergentes telles que la Chine. Un problème souligné par la Commission, qui fait de la hausse des investissements dans le domaine des technologies la troisième priorité de la nouvelle stratégie de l’UE.
Les barrières structurelles, qui entravent les innovations, sont nombreuses.
La Commission devrait examiner plus en détail la question dans une prochaine communication, attendue en novembre, sur le financement des technologies propres.
L’union fait la force?
La Commission rappelle également qu’un marché énergétique intérieur correctement interconnecté et fonctionnant bien est l’une des principales forces de l’UE pour réduire sa vulnérabilité en matière d’approvisionnement.
Le renforcement des interconnexions fait partie des mesures proposées par le troisième paquet énergie de la Commission européenne, présenté en septembre 2007. Or la mise en oeuvre de tels projets se heurte souvent à des difficultés essentiellement dues au fait que les citoyens ne voient pas l’intérêt de telles opérations. Et la Commission de citer en exemple l’interconnexion entre la France et l’Espagne à travers les Pyrénées.
Pour accompagner cette stratégie, la Commission européenne devrait publier un Livre vert afin de lancer une consultation publique sur la manière dont l’Europe devrait dépenser « les ressources limitées » des réseaux transeuropéens d’énergie dans les années à venir.
Prochaines étapes :
- Nov. 2008 : la Commission doit publier les documents suivants :
- Seconde analyse stratégique pour une politique énergétique européenne
- Le livre vert concernant les réserves de fonds pour les réseaux européens de l’énergie.
- Proposition de révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments.
- Avant la fin 2008 : la Commission doit publier une communication sur le financement des technologies propres.
- Mars 2008 : lors du Conseil européen de printemps, adoption par les chefs d’État de l’UE des conclusions de la seconde analyse stratégique pour une politique énergétique européenne