Énergie et environnement : les projets du PPE pour les cinq années à venir

Le Parti populaire européen (PPE) veut un engagement continu mais moindre en matière d’action climatique et de protection de la nature, si l’on en croit une version préliminaire de ses priorités pour la prochaine Commission européenne consultée par Euractiv.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche), et le chef de file du PPE, Manfred Weber. [Shutterstock/CornelPutan]

Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit veut un engagement continu mais moindre en matière d’action climatique et de protection de la nature, si l’on en croit une version préliminaire de ses priorités pour la prochaine Commission européenne — qui devrait à nouveau être dirigée par sa membre Ursula von der Leyen.

Le projet de document, consulté par Euractiv, définit les priorités politiques du parti pour la prochaine législature de l’UE (2024-2029), en amont de la réunion du groupe politique avec ses nouveaux membres, qui se tiendra au Portugal du 2 au 4 juillet. Il contient des propositions spécifiques pour le programme de travail de la future Commission européenne.

Décarbonation

Dans son projet de « plan en 5 points », le parti réaffirme son engagement envers les objectifs actuels de décarbonation de l’UE pour 2030 et 2050 et s’engage à « abandonner les combustibles fossiles au profit d’une énergie propre ». Cependant, le PPE met fortement l’accent sur les aspects de la transition énergétique liés à la compétitivité économique et à la sécurité énergétique.

Le parti de centre droit propose de « poursuivre la mise en œuvre » du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal),mais de le « transformer en un Pacte de croissance verte ».

Le document fait référence à l’importance du principe de « neutralité technologique », mais détaille plusieurs initiatives visant à soutenir des technologies spécifiques.

Il s’agit notamment de l’augmentation de la production internationale d’hydrogène, d’une alliance industrielle sur les petits réacteurs nucléaires modulaires (small modular reactors, SMR), d’investissements dans les technologies de captage, de stockage et d’utilisation du carbone, de la création de règles pour le marché des quotas carbone et d’une définition simple, neutre sur le plan technologique et pragmatique de l’hydrogène bas carbone.

Le document réaffirme également le souhait du PPE de réexaminer l’interdiction de facto des moteurs à combustion dans l’UE, bien que son objectif « d’autoriser l’utilisation de carburants alternatifs zéro émission après 2035 » ait déjà été inscrit dans la législation européenne. Le PPE souhaite également une nouvelle stratégie européenne pour couvrir les carburants de synthèse (e-carburants), les biocarburants et les carburants à faible teneur en carbone.

Parmi les propositions plus générales figurent un « plan d’investissement pour l’emploi européen » destiné à investir dans l’innovation en matière de technologies propres, des exemptions règlementaires pour les entreprises neutres sur le plan climatique, davantage d’investissements dans les liaisons transfrontalières de gaz et d’électricité et une nouvelle stratégie de l’UE pour les matières premières critiques.

Une protection de la nature limitée

Le document considère la protection de la planète et la lutte contre le changement climatique comme faisant partie du « mode de vie européen », mais cet aspect est réduit par rapport aux ambitions initiales du Green Deal. Les intérêts des agriculteurs sont également fréquemment mentionnés dans le texte, conséquence directe de leurs manifestations massives ces derniers mois.

Le PPE affirme aussi que l’UE devrait rester à la frontière de la protection de l’environnement « tout en ne permettant pas aux pays tiers, notamment la Chine, d’exploiter nos normes élevées ».

Enfin, le parti propose de réviser le statut de protection des loups et des ours et de séparer les émissions du secteur agricole de l’actuelle directive sur les émissions industrielles. Pour rappel, avant les manifestations des agriculteurs qui ont débuté en novembre, les législateurs européens avaient déjà décidé d’exclure les élevages de bovins de cette directive, avec de petites réductions par rapport aux ambitions initiales pour les secteurs du porc et de la volaille.

Les plans du parti prévoiraient également de suspendre l’application du règlement sur la déforestation.

Jonathan Packroff a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anna Martino]