Énergie, biodiversité, transport : les douze travaux du gouvernement pour l'été

Le gouvernent a présenté mercredi (26 avril) sa feuille de route pour les trois mois à venir comptant un volet spécial pour l'environnement et l'énergie, avant de lancer, en septembre, un dialogue plus intense avec les collectivités territoriales.

Euractiv France
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Le Premier ministre français Elisabeth Borne écoute les discours lors de la Conférence nationale du handicap au Palais de l'Élysée à Paris, France, 26 avril 2023. [EPA-EFE/YOAN VALAT / POOL]

Le gouvernement a présenté mercredi (26 avril) sa feuille de route pour les trois mois à venir comptant un volet spécial pour l’environnement et l’énergie. Une vingtaine de points d’étapes sont à venir d’ici la fin de l’été pour lancer, à la rentrée de septembre, un dialogue plus intense avec les collectivités territoriales.

Le 10 mars, le président de la République a promulgué la loi sur l’accélération du développement des énergies renouvelables. Dans la foulée, l’Assemblée nationale entérinait la relance du nucléaire en France.

En attendant que les parlementaires adoptent définitivement ce dernier texte courant mai, les rapporteurs de ces deux lois, les députés Pierre Cazeneuve et Maud Bregeon, se lanceront, mardi 2 mai, dans un tour de France pour expliquer leurs implications pour les territoires.

Un rayon de soleil dans le ciel gris qui plane au-dessus du gouvernement, désavoué par les Français sur la réforme des retraites. 

La tournée des deux élus débutera donc sous le signe du renouveau et de l’ « apaisement » que l’exécutif a tenté d’insuffler mercredi (26 avril) en présentant une feuille de route de ces chantiers pour les trois prochains mois.

Au programme : santé, pouvoir d’achat, emploi, réindustrialisation … mais aussi planification de la transition écologique : « nous entrons dans une nouvelle phase d’action » et d’ « accélération » a déclaré la Première ministre, Elisabeth Borne, dans son discours de présentation des travaux à venir. 

Énergies

Sur la loi d’accélération des énergies renouvelables, sauvée par les élus de droite (Les Républicains) et truffé de zones d’ombres, le gouvernement souhaite que tous les textes d’application nécessaire pour qu’elle puisse être suivie de réels effets, soient adoptés dans les 6 mois.

Sur le nucléaire, si la feuille de route des « cents jours » ne le mentionne pas, le syndicat professionnel de l’industrie nucléaire française (GIFEN) a remis aux ministres de l’Industrie et de l’Énergie vendredi (21 avril) son rapport sur les besoins humains pour relancer le secteur : 60 à 100 000 nouveaux emplois sur les dix prochaines années.

En matière de sobriété, le document annonce une future campagne de communication à venir mi-juin, alors que la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, décline depuis l’automne dernier son plan pour réduire la consommation d’énergie de la France de 10 % d’ici à 2024.

En somme, d’ici à la fin de l’été, l’exécutif souhaite mettre sur la table « la première version d’un plan d’ensemble qui identifie tous les leviers additionnels à mobiliser pour atteindre nos objectifs environnementaux ».

Ainsi, se tiendra en juin un conseil de planification à l’issue duquel le gouvernement présentera trois textes : sa programmation pluriannuelle de l’énergie visant à orienter la politique énergétique des cinq prochaines années, sa stratégie nationale bas-carbone qui définit la trajectoire de baisse des émissions de carbone, et son projet de stratégie nationale biodiversité contre la pression sur la biodiversité.

Biodiversité et incendies

Concernant la biodiversité également, le gouvernement confirme le déploiement « prochainement » — soit officieusement le 1er juin prochain — de l’application « météo des forêts » de Météo France, destinée à communiquer, cet été, par des cartes le niveau de risque d’incendie par département. 

La présentation du dispositif s’est faite en présence du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, attendu jeudi (27 avril) dans les Pyrénées-Orientales, département du sud-ouest de la France fortement touché par le manque d’eau. 

En ce sens, l’exécutif annonce aussi une campagne de mobilisation et d’information à venir d’ici fin juin sur la consommation en eau des Français. Elle interviendra donc trois mois après la présentation, fin mars, par le président de la République, d’un plan Eau contre les sécheresses.

Enfin, le document rappelle qu’à partir du 15 mai, l’Assemblée nationale débattra d’une proposition de loi sur la prévention des incendies.

Transports

Des mesures ont également été prises dans le domaine des transports : envoi des mandats et négociations des projets État-régions dans les trois mois, premier comité interministériel sur la stratégie vélo à venir en mai et annonce, durant l’été, de la trajectoire d’investissement dans le ferroviaire. 100 milliards d’euros sont attendus d’ici 2040 pour notamment « lancer des services express régionaux métropolitains dans une dizaine de territoires », a annoncé la Première ministre. 

Concernant l’aviation, le gouvernement présentera ses ambitions en juin, notamment sur le soutien aux carburants aériens durables et à l’innovation.

Les négociateurs européens ont d’ailleurs entériné mercredi les nouvelles règles pour l’aviation dans l’UE et les parts minimales de carburant durable qui devront être mises à disposition dans les aéroports européens.

« Réalités locales » ?

Enfin, la Première ministre avance que, pour tous ces chantiers, les entreprises seront au moins chargées de la moitié des efforts à fournir. Pour cela, sera « finalisée en juin, annonce-t-elle, la feuille de route de décarbonation des grandes filières industrielles et des 50 sites les plus émetteurs » de France.

Pour conclure le volet « planifier et accélérer la transition écologique » de sa feuille de route, l’exécutif donne un avant-goût de ce qu’il entreprendra après l’été, puisque « à partir de septembre et pour 6 mois, le dialogue et la co-construction avec les collectivités seront mis en oeuvre […] afin de définir la cible quantifiée de réduction pour chaque territoire et les leviers pour y parvenir », peut-on lire dans la note.

« Je souhaite donner aux territoires plus de marges de manœuvre pour adapter les règles nationales aux réalités locales », a avancé, en ce sens, Mme Borne.