En Suède, la Première ministre ne veut pas de « Somalitown »

La première ministre sociale-démocrate suédoise Magdalena Andersson a déclaré mardi (23 août) qu’elle s’opposait aux « regroupements ethniques » dans le pays, afin de défendre les déclarations controversées de son ministre de l’Intégration sur les résidents « non-nordiques ».

EURACTIV.com
Sweden’s Prime Minister Magdalena Andersson visits Visby
« Les prix sur le marché européen de l’électricité doivent être découplés des prix exorbitants du gaz créés par la Russie », a déclaré la Première ministre suédoise Magdalena Andersson [EPA-EFE/HENRIK MONTGOMERY SWEDEN OUT]

La Première ministre sociale-démocrate suédoise Magdalena Andersson a déclaré mardi (23 août) qu’elle s’opposait aux « regroupements ethniques » dans le pays, afin de défendre les déclarations controversées de son ministre de l’Intégration sur les résidents « non-nordiques ».

A l’approche des élections de septembre, les sociaux-démocrates au pouvoir durcissent leur position sur les questions d’intégration face à la percée de l’extrême droite dans les sondages. Selon le dernier sondage d’opinion de SVT/Novus publié lundi (22 août), les sociaux-démocrates se situent à 27,8 %, suivis par le parti eurosceptique des Démocrates de Suède à 21,5 %.

Dans ce contexte, le 31 juillet, le ministre de l’Intégration et de la Migration, Anders Ygeman, a déclaré au quotidien Dagens Nyheter que les zones vulnérables devraient compter un maximum de 50 % de résidents d’origine non nordique.

Cette déclaration a suscité des critiques de la part des partis de gauche et du Parti du centre, dont la leader, Annie Lööf, s’est élevée lundi contre l’idée de « quotas ethniques ».

La Première ministre Magdalena Andersson a défendu, mardi, la déclaration de son ministre, affirmant que les sociaux-démocrates s’opposent aux « regroupements ethniques ».

« Nous ne voulons pas de Chinatown en Suède, nous ne voulons pas de Somalitown ou de Little Italy », a-t-elle déclaré, prônant plutôt « une société où des personnes ayant des origines, des expériences et des revenus différents vivent ensemble et se rencontrent. »

Le débat sur les quotas ethniques en Suède n’est pas une première en Scandinavie puisque le Danemark a adopté en 2018 une loi « anti-ghetto » dont l’objectif est que d’ici 2030, aucune zone résidentielle danoise ne compte plus de 30 % de résidents d’origine « non-occidentale ».

Cette loi a conduit à l’expulsion forcée de résidents dits « non-occidentaux », vivant parfois au Danemark depuis la majeure partie de leur vie.

Devant le parallèle établi avec le Danemark, Mme Andersson a nié toute tentative de reproduction du modèle danois en Suède.

« Nous ne pouvons pas reloger les gens de force, ce n’est pas quelque chose qu’Anders Ygeman a proposé. Mais nous voulons voir davantage de zones mixtes et nous voulons que le suédois soit la langue naturelle dans toute la Suède », a-t-elle déclaré au journal suédois DN.

Selon les sociaux-démocrates et Anders Ygeman lui-même, d’autres facteurs tels que le chômage, le niveau d’éducation et la criminalité sont plus importants pour déterminer la vulnérabilité d’une zone.