En Roumanie, l’extrême droite dénonce l’accord sur le transit de céréales conclu avec Kiev

Le leader d’extrême droite roumain George Simion a critiqué l’accord que la Roumanie a conclu avec l’Ukraine vendredi dernier pour doubler le volume de céréales acheminées depuis l’Ukraine, affirmant que cette décision relevait d’un acte de trahison ou d’une stupidité pure et simple.

EURACTIV Roumanie
shutterstock_2262669227-e1692592659268-800×502
Vendredi, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal et son homologue roumain Marcel Ciolacu ont signé une déclaration politique stipulant que l’Ukraine et la Roumanie œuvreraient de concert pour accroître les exportations céréalières de Kiev via la Roumanie. [SHUTTERSTOCK/Malshak]

Le leader d’extrême droite roumain George Simion (Alliance pour l’unité des Roumains, AUR) a critiqué l’accord que la Roumanie a conclu avec l’Ukraine vendredi dernier (18 août) pour doubler le volume de céréales acheminées depuis l’Ukraine, affirmant que cette décision relevait d’un acte de trahison ou d’une stupidité pure et simple.

Vendredi, le Premier ministre ukrainien Denys Shmyhal et son homologue roumain Marcel Ciolacu ont signé une déclaration politique stipulant que l’Ukraine et la Roumanie œuvreraient de concert pour accroître les exportations céréalières de Kiev via la Roumanie.

M. Shmyhal a présenté les conséquences du retrait de la Russie de l’initiative céréalière de la mer Noire sur la sécurité alimentaire mondiale et sur l’Ukraine. De son côté, M. Ciocalu a assuré à son homologue ukrainien que son pays continuerait à faciliter les exportations de céréales ukrainiennes vers les marchés internationaux.

« Nous concentrerons nos efforts sur le développement des capacités et des couloirs existants — principalement le canal de Sulina et le port de Constanța — afin d’atteindre notre objectif ambitieux, à savoir doubler le volume de céréales ukrainiennes transitant par la Roumanie », a déclaré M. Ciolacu lors d’une conférence de presse.

La Roumanie a l’intention de doubler le volume de céréales en transit de deux à quatre millions de tonnes par mois, a indiqué M. Ciolacu, sans préciser de délai.

Cette décision a toutefois été vivement critiquée par M. Simion, qui a également souligné que les autres pays voisins avaient mis un terme aux importations.

« Pour ma part, je ne peux pas imaginer : soit vous êtes stupide, soit vous êtes un traître si vous faites quelque chose comme ça. Tous les pays voisins : la Slovaquie, la Bulgarie, la Pologne arrêtent [les importations], nous les doublons […]. Nous devrions au moins développer nos infrastructures à cette occasion : les chemins de fer, les ports, etc. », a-t-il indiqué.

Dans une lettre datée du 21 juillet et consultée par Reuters, le ministère ukrainien de l’Agriculture demandait au commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, que la Commission apporte une aide financière pour couvrir les coûts de transport supplémentaires occasionnés par l’utilisation des « couloirs de solidarité », des itinéraires alternatifs de transport proposés par l’Union européenne.

Des sources ont déclaré à Reuters que l’exécutif européen ne disposait pas de fonds immédiats dans son budget ni de moyens clairs pour aider à financer les coûts de transport supplémentaires qui seront engendrés dans le cadre des exportations de céréales ukrainiennes à la suite de la fin de l’accord de la mer Noire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]