En rendant hommage au passé, Jacques Delors interroge sur le futur de l’UE

Lors de la séance solennelle du Parlement européen pour le 20e anniversaire de la réunification allemande, l’ancien président de la Commission a questionné les États sur l’Europe qu’ils souhaitent bâtir.

EURACTIV.fr

Lors de la séance solennelle du Parlement européen pour le 20e anniversaire de la réunification allemande, l’ancien président de la Commission a questionné les États sur l’Europe qu’ils souhaitent bâtir.

Vingt ans plus tard, Jacques Delors se souvient encore de ce 3 octobre 1990, jour de réunification de l’Allemagne. « Une nuit calme où je pensais aussi à cette Europe sortie de la haine et des conflits, une Europe que je voulais unie, forte et généreuse à la fois. Il reste tant à faire pour consolider l’acquis et avancer vers l’avenir », a-t-il déclaré dans un discours prononcé devant les parlementaires européens, jeudi 7 octobre.

Après avoir rappelé l’implication des institutions européennes dans cette réunification et l’intégration de l’Allemagne de l’Est à la Communauté européenne, M. Delors a cru bon de préciser que l’histoire de l’Europe n’était pas terminée. L’ancien président de la Commission a interrogé l’Allemagne réunie sur « sa vision de l’avenir européen », elle qui est la première puissance économique européenne, au carrefour de l’UE et du reste du continent d’un point de vue géopolitique.

Mais Jacques Delors s’est aussi adressé à tous les États membres. « Alors qu’au-delà de la crise financière, l’aventure européenne suscite bien des interrogations, les vingt-sept pays sont devant une responsabilité historique  : approfondir l’intégration européenne ou bien vivre au jour le jour, grâce à des compromis, certes nécessaires, mais non porteurs d’avenir », a-t-il lancé.

« Les valeurs que nous ont léguées les pères de l’Europe sont-elles toujours présentes, dominantes ? L’héritage qui nous a été transmis porte avant tout sur le « pourquoi voulons nous être ensemble ? » plus que sur les traités et nécessaires arrangements institutionnels », a interrogé M. Delors. C’est l’appel d’« un militant parmi d’autres », a-t-il précisé.