En pleine crise du marché du bio, le ministre Marc Fesneau affirme son soutien à la filière

Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire Marc Fesneau a affirmé ce mardi (6 décembre 2022) son soutien à la filière bio, en proposant des aides supplémentaires.

Euractiv France
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Le ministre Marc Fesneau aux Assises de l'Agriculture et de l'Alimentation biologiques mardi 6 décembre 2022. [AgenceBio]

Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire Marc Fesneau a affirmé ce mardi (6 décembre 2022) son soutien à la filière bio, en proposant des aides supplémentaires.

Après deux années consécutives de rencontres à distance, les acteurs du bio se sont réunis à Paris ce mardi matin pour la 13e édition des Assises de l’Agriculture et de l’Alimentation Biologiques, organisées par l’Agence Bio.

« Nous sommes à vos côtés », a répété à plusieurs reprises le ministre Marc Fesneau, alors que le marché du célèbre label européen connaît une crise sans précédent.

Après dix ans de croissance ininterrompue, avec un pic de la demande à la fin du premier confinement en 2020, la trajectoire s’est depuis progressivement inversée. En 2021, les ventes ont chuté de près de 5 % dans les magasins et supermarchés spécialisés, alors que l’année 2022 s’annonce pire encore.

La raison ? L’appétence pour les produits locaux – pas forcément bio -, et surtout la baisse du pouvoir d’achat, qui s’est accentuée cette année (12 % d’inflation alimentaire). Les grandes surfaces ont ainsi diversifié et mis en avant les premiers prix au détriment des produits bio, plus chers. D’autant que d’autres labels moins exigeants (HVE par exemple) se sont imposés, détournant l’attention des consommateurs.

« Nous sortons d’une période où il y avait trop de demande et pas assez de produits, pour rentrer dans une zone d’incertitude  l’on se demande pourquoi le bio ralentit et surtout comment lui rendre de la vigueur », note le Président de l’Agence Bio, Loïc Guines.

Aide de 5 millions d’euros

S’il admet que la situation est « inquiétante », le ministre a tenu à rassurer les acteurs en voulant « maintenir la trajectoire » de long terme : un développement continu du bio, alors que la France s’est engagée à passer de 10 à 20 % de production d’ici à 2027 avec la loi EGALIM.

Encourager la production, mais aussi la consommation fait également partie du plan d’action biologique de la Commission européenne dévoilé en mars 2021. Celui-ci a pour objectif d’atteindre 25 % des terres agricoles consacrées au bio d’ici 2030, comme le prévoit la stratégie « de la ferme à la table ».

Diverses aides ont été annoncés par Marc Fesneau, comme une augmentation de 5 millions d’euros du Fonds Avenir Bio destinée à l’ensemble de la filière. Il a également insisté sur le soutien à la recherche et l’innovation.

Jusqu’à présent, « la question de la consommation se posait assez peu, et on n’a pas regardé ce qui pouvait être fait pour son développement. Je pense à l’appel au local. Or, le bio peut répondre à ces attentes, mais il faut le positionner comme tel, pas simplement comme une modalité de production », a-t-il ajouté.

Autre chantier prioritaire de l’Agence Bio : la communication, alors qu’ « un Français sur deux déclare ne pas être assez informé sur ce que le bio garantit », rappelle Loïc Guines. Après la précédente campagne du gouvernement #BioRéflexe, le ministre a déclaré qu’il débloquera 750 000 euros supplémentaires pour démarrer une nouvelle campagne en 2023.

Marc Fesneau a enfin insisté sur le rôle stratégique de la commande publique dans la demande de bio, prenant l’exemple d’élus qui s’investissent dans ce sens sur le territoire. Il a insisté sur la volonté du gouvernement d’appliquer la loi EGALIM, dont l’objectif est de parvenir à 20 % de bio dans la restauration collective (contre 6,5% aujourd’hui).

Pour Loïc Guines, il y a aussi un besoin d’exemplarité. « À quand 20 % de bio à l’Élysée, au Sénat, à l’Assemblée nationale et dans tous les ministères ? » demande-t-il, en s’adressant au ministre présent dans la salle. Ce dernier lui répondra que son ministère commande 40 % de viande bio.

Et Marc Fesneau de conclure son intervention : « Mon obsession est d’éviter que certains n’envisagent la déconversion, ce qui se produit déjà. Ces gens qui s’étaient mis dans le chemin de la modernisation, de l’évolution, on ne les reverra pas dans la filière bio ».