En Moldavie, il faut s'occuper de la santé des réfugiés mais aussi de celle des Moldaves, selon l'OMS

Lors d'un déplacement en Moldavie, Hans Kluge, directeur régional de l'OMS pour l'Europe, a déclaré qu'il était urgent de renforcer le système national de santé publique pour les réfugiés ukrainiens mais aussi pour les Moldaves eux-mêmes.

EURACTIV.com
Fleeing Ukrainians in Moldova
Un mois après le début de la guerre en Ukraine, la République de Moldavie a accueilli plus de 330 000 réfugiés. [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate" target="_blank" rel="noopener">DUMITRU DORU/EPA</a>]

Lors d’un déplacement en Moldavie, Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a déclaré qu’il était urgent de renforcer le système national de santé publique pour les réfugiés ukrainiens mais aussi pour les Moldaves eux-mêmes.

Un mois après le début de la guerre en Ukraine, la République de Moldovie a accueilli plus de 330 000 réfugiés, et la situation est toujours particulièrement tendue. Si la Pologne est le pays qui a accueilli le plus de réfugiés (plus de deux millions à l’heure où nous écrivons ces lignes), la Moldavie est celui qui compte le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens par rapport à sa population.

Mais avec un système de santé publique faible, il faut trouver « un bon équilibre entre la garantie de la santé des réfugiés et la garantie de la santé de la population hôte », à la fois pour soigner les Ukrainiens et pour les Moldaves donc, qui ont souffert d’un manque d’accès aux soins bien avant le début du conflit, selon M. Kluge.

« L’objectif de ma mission est de discuter d’un accord avec le ministre de la Santé sur la manière de renforcer le système de santé pour les habitants de la Moldavie eux-mêmes », a déclaré M. Kluge lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre moldave de la Santé, Ala Nemerenco, mardi 22 mars en Moldavie.

« Les ressources du pays sont limitées et nous ne voudrions pas que cela affecte ou devienne un fardeau pour les citoyens de Moldavie. C’est pourquoi nous nous adressons à tous nos partenaires pour leur demander un soutien dans cette situation », a confirmé de son côté Ala Nemerenco.

« Plusieurs pays de l’UE ont dit qu’ils prendraient en charge certains patients, dont certains avec des cancers ou avec de la dialyse. Mais d’autres patients venant d’Ukraine ne veulent aller nulle part, ils se plaisent ici en Moldavie, et ils préfèrent rester ici, se sentant plus à l’aise notamment grâce à la langue », a déclaré Mme Nemerenco ajoutant que « malheureusement notre système de santé est sous pression ».

Ainsi, afin de fournir des soins de qualité pour les réfugiés et pour la population moldave, M. Kluge et Mme Nemerenco ont convenu d’ « intensifier les efforts pour augmenter la qualité des soins en Moldavie, l’accessibilité aux médicaments et des soins de santé primaires, y compris dans les zones rurales ».

« Crise humanitaire sans précédent »

L’autre objectif de la mission d’Hans Kluge en Moldavie était d’apporter une solution immédiate à la crise humanitaire et sanitaire actuelle.

La « grosse vague de réfugiés arrivant en République de Moldavie », a provoqué une « crise humanitaire sans précédent », a déclaré la ministre de la Santé lors de la conférence de presse, appelant à l’aide des autres pays de l’UE et de l’OMS.

« J’insiste personnellement sur le fait que la Moldavie a besoin d’une aide urgente pour faire face à cette urgence qui vient s’ajouter au fardeau que représentent déjà plus de deux années de pandémie de Covid-19 », a déclaré le directeur régional de l’OMS.

« Depuis le début de la guerre, 331 000 réfugiés au total, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, sont arrivés en Moldavie. Beaucoup d’entre eux ont effectivement eu besoin d’une assistance médical », a ajouté Mme Nemerenco.

Pour aider les Ukrainiens, le ministère de la Santé a décidé de mettre en place des équipes sanitaires et a pris la décision de fournir une assistance médicale de premiers secours à tous les réfugiés arrivant dans le pays, y compris une assistance sanitaire d’urgence ainsi que différentes opérations chirurgicales ou autres interventions médicales.

« Pour l’instant, nous avons eu 1 300 patients qui ont eu besoin d’une assistance médicale en Moldavie, dont 400 ont été hospitalisés dans nos établissements de santé, et dont 90 ont eu besoin de traitements contre le cancer et cent de dialyses », a détaillé Mme Nemerenco.

De son côté, l’OMS a aidé le gouvernement moldave à coordonner son système de santé. « Jusqu’à présent, nous avons mobilisé deux millions de dollars de fournitures permettant de sauver des vies, mais nous ne nous arrêterons pas là et poursuivrons nos efforts », a déclaré M. Kluge.

Avant d’ajouter : « Notre priorité est d’aider et de s’assurer que la Moldavie et tous les pays impliqués dans la réponse humanitaire de la guerre en Ukraine ont les infrastructures et les expertises nécessaires en place pour faire face à ce défi ».

Ce dernier a également félicité les professionnels de santé et les travailleurs sur le front en Moldavie, les qualifiant de « héros ».

Cependant, Hans Kluge a prévenu que la principale menace était la complexité des besoins de santé, qui comprenait notamment un besoin de soutien psychosocial, un soutien aux maladies non transmissibles dont les traitements ont été interrompus, et un soutien aux maladies transmissibles comme la Covid-19.