En Espagne, le vote sur l’élargissement de l’OTAN divise la coalition de gouvernement

Le vote de ratification du Parlement sur l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, jeudi (15 septembre), a divisé la coalition espagnole. 

EFE avec EURACTIV.com
Mais il n’y a pas que Unidas Podemos (GUE-NGL) qui se sont abstenus dans le camp de la gauche. Les quatre députés d’Izquierda Unida (IU, Gauche unie) intégrés dans la formation de gauche au pouvoir ont clairement exprimé leur rejet de l’entrée des deux nations scandinaves et ont donc voté contre. [ EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le vote de ratification du Parlement sur l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, jeudi (15 septembre), a divisé la coalition espagnole, les socialistes du PSOE ayant voté en faveur de l’adhésion et leurs partenaires d’Unidas Podemos (gauche), s’étant abstenus.

Les partis portugais à avoir voté en faveur de l’entrée de la Suède et de la Finlande sont le PSOE (S&D), le Parti populaire de centre-droit (PP/EPP), l’extrême droite VOX, le centre-libéral Ciudadanos, le nationaliste basque PNV et le pro-UE catalan Partido Demócrata Europeo Catalán (PDECat), a rapporté la chaîne publique espagnole RTVE.

Les élus de gauche radicale d’Unidas Podemos (GUE-NGL) se sont abstenus, tandis que quatre députés d’Izquierda Unida (IU, Gauche unie) – intégrés dans la formation de gauche au pouvoir – ont clairement exprimé leur rejet de l’entrée des deux nations scandinaves et ont voté contre.

Le coordinateur national d’IU et ministre de la Consommation, Alberto Garzón, s’est abstenu, négligeant la « discipline » de vote interne de l’exécutif.

Unidas Podemos a justifié son abstention en expliquant qu’ils ne veulent pas se « subordonner aux intérêts des États-Unis », mais respecter la « souveraineté » des autres pays.

« Laissons les parlements de la Suède et de la Finlande prendre la décision qu’ils jugent appropriée, mais ce ne sera pas en notre nom », a déclaré Gerardo Pisarello d’Unidas Podemos.

Pablo Hispán, député du Parti populaire (PP) de l’opposition de centre-droit, a regretté lors de la session extraordinaire du Parlement que l’Espagne soit « le seul gouvernement en Europe qui va voter différemment sur l’élargissement de l’OTAN, qu’un côté (PSOE) soit en faveur de l’Alliance et que l’autre (Unidas Podemos) affirme que c’est une organisation criminelle».

«C’est une extravagance, une partie du gouvernement considère qu’il est urgent [d’accueillir la Finlande et la Suède] et une autre le rejette […] M. Sánchez n’est président que d’une partie du gouvernement, et il l’est au détriment de la crédibilité et de la fiabilité de l’Espagne », a-t-il ajouté, cité par les médias espagnols.

D’autres alliés parlementaires du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, tels que les partis régionaux ERC, EH Bildu, Más País et Compromís, se sont abstenus. Ils ont estimé que l’on ne pouvait pas voter contre une décision souveraine d’adhésion à l’OTAN exprimée par les citoyens suédois et finlandais.

« Tout le monde sait ce que nous pensons de l’OTAN [le parti s’oppose farouchement au pacte militaire] mais, en même temps, c’est une question qui touche à la souveraineté de la Finlande et de la Suède », a souligné jeudi Pablo Echenique, porte-parole d’Unidas Podemos au Parlement.

Le protocole d’adhésion à l’OTAN demandé par la Suède et la Finlande doit être ratifié par tous les membres de l’Alliance, comme cela a déjà été fait par le Congrès américain (9 août).

Jeudi, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares (PSOE) a minimisé l’importance de la dernière rupture avec Unidas Podemos : « tant la Suède que la Finlande sont très reconnaissantes de la rapidité avec laquelle l’Espagne répond à ce qui n’est pas une demande du gouvernement espagnol, mais une demande des deux gouvernements [européens] », a-t-il déclaré.

Avant le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Madrid en juin, la ministre du Travail et membre d’Unidas Podemos, Yolanda Díaz, a exprimé son soutien à la position de l’exécutif sur l’OTAN, mais d’autres membres du parti comme l’ancien secrétaire d’État à l’Agenda 2030, Enrique Santiago, a clairement exprimé son opposition.

« Que personne ne soit surpris parce que le Parti communiste espagnol soutient la solution des conflits, appelle à la dissolution des alliances militaires et appelle à la construction d’alliances de paix », a déclaré M. Santiago, qui était secrétaire général du Parti communiste espagnol (PCE) il y a encore quelques mois.

La guerre en Ukraine et la situation de sécurité complexe en Europe ont alimenté le sentiment pro-OTAN en Espagne, puisque 83 % des personnes interrogées ont exprimé une opinion positive sur le pacte militaire, selon une récente enquête publiée par le laboratoire d’idées Elcano.

L’Espagne a rejoint l’alliance de l’OTAN en mai 1982, et lors d’un référendum en mars 1986, 56,85 % des personnes interrogées ont voté en faveur de l’adhésion.

Les élections municipales en Espagne doivent se tenir en mai 2023 et des élections générales sont prévues en décembre de cette même année.